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Le 25 mai 1963 est une date historique en Afrique, la Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement du Mali (CAD-Mali) a profité ce samedi 25 mai 2013 date anniversaire de la création de l’OUA pour débattre de vrais problèmes de l’heure au Mali.

Pour la circonstance la CAD-Mali a organisé à son siège à Djélibougou un Espace Thé Politique. Cet espace a réuni les membres des 103 organisations qui composent la Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement-Mali.
Deux thèmes étaient à l’ordre du jour: Elections générales de 2013 au Mali : Enjeux, Défis, Perspectives et quel rôle pour les Organisations de la Société civile ? Le renouveau de la justice au Mali : quels rôles et quelle place pour les organisations de la société civile ? Deux thèmes qui sont d’actualité dans un pays secoué par des crises socio- économiques.
La CAD-Mali a institué un espace alternatif de débats, de partage, du donner et du recevoir et d’expression démocratique au service des citoyens. Cet espace appelé «Thé Politique» a pour objectif essentiel d’améliorer et ré oxygéner le système d’analyse politique et de mobilisation de manière, à faire du citoyen un acteur politique qui contribue à la définition et à la réalisation de son propre devenir et de celui de sa société.

L’objectif recherché par ces débats sur ces deux thèmes est de contribuer à la construction d’une conscience politique chez les militants et citoyens engagés dans des actions d’éducation populaire citoyenne, d’interpellation, de revendication et de propositions d’alternatives.
Le premier conférencier Issa Tiéman Diarra, chef de la cellule d’appui au processus électoral est un administrateur civil. Il avait pour thème : Elections générales 2013 au Mali : Enjeux, défis, perspectives. Quel rôle pour les organisations de la société civile ? Dans son exposé Issa Tiéman Diarra était hésitant, indécis dans ses réponses. Mais le ver lui a été tiré du nez par une assistance très éveillée.
A défaut de débats sur les antennes de l’ORTM, les citoyens ne ratent pas ses rencontres avec leurs gouvernants. Sans détours Issa Tiéman Diarra qui a la charge de l’organisation des élections est inquiet et se pose lui-même la question de savoir : dans quelles conditions s’opèreront-elles car le ministère de l’Administration Territoriale, de la décentralisation et de l’Aménagement du Territoire a pour vocation l’organisation des élections.

Alors que l’insécurité sévit partout. A ce questionnement de l’administrateur civil, l’assistance engage la discussion pour avoir le cœur net sur la tenue des élections sur tout le territoire malien.
A cet effet voici la profession de foi d’Issa Tiéman Diarra : Il s’agit d’élection de sortie de crise qui vise des objectifs, l’installation d’un pouvoir régulièrement élu avec des Institutions régulières et l’accompagnement des Nations Unies.
Concernant, les défis, ils sont nombreux dans un contexte difficile sur toute l’étendue du territoire. Ces élections seront inclusives a-t-il déclaré. Elles ont un caractère spécifique parce que deux catégories de nouveaux électeurs y participeront : les réfugiés et les déplacés.
Cependant leur gestion pose d’énormes problèmes dans leurs pays d’accueil. Elle diffère d’un pays à un autre (Burkina Faso, Niger, Mauritanie). La Mauritanie arme les réfugiés maliens contre le Mali. Ensuite la gestion des réfugiés relève du HCR (Haut Conseil des Réfugiés). Cependant, l’assistance a regretté l’absence d’un représentant du ministère de la Sécurité Intérieure qui détient la carte maitresse pour le bon déroulement des élections.

Au regard des divisions internes subies par les partis politiques, il y a péril en la demeure. Issa Tiéman Diarra déplore que ces élections se tiennent dans un contexte d’insécurité. Des défis ? Ils sont nombreux reconnait-il. Défis : financier, matériel, électoral. Le plus gros est le respect du délai. «Seul le conseil des ministres est habilité à dire la date en se donnant un chronogramme pour juillet.»
Concernant la fraude, le chef de la cellule d’appui au processus électoral atteste qu’un consensus a été trouvé entre les partis politiques et le ministère de l’Administration Territorial sur la base du fichier Ravec.
A 60 jours de la tenue du 1er tour de l’élection présidentielle prévue pour le 28 juillet 2013, le conseil des ministres n’a toujours pas fixé le chronogramme pour juillet. Et le conférencier conclut sa communication en ces termes : Si on devait aller aux élections ce serait sur la base du fichier Ravec. Or on dit souvent chez nous qu’avec un si tout est possible. «Si» introduit une subordonnée indiquant une hypothèse, la condition d’un acte ou d’un état. Mais ce qui est certain le «si» d’Issa Tiéman Diarra ne prévoit pas d’élections en juillet.

Quant au second conférencier maitre Amadou Tiéoulé Diarra sa communication portait sur : le renouveau de la justice au Mali : rôle et place des organisations de la société civile. Sans ambages l’homme de droit connu pour son franc parler prononce son verdict : «tout le problème du malien, c’est la définition de nos rapports avec l’argent.
S’agissant de la société civile c’est un processus inachevé». La rencontre a pris fin par un déjeuner.

Fatou CISSE

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Coalition des alternatives africaines dette et développement (CAD-MALI) : Thé politique du 25 mai 2013

Il m’est agréable aujourd’hui au nom du président de la coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement (CAD-Mali) et à mon nom propre de vous adresser mes sincères salutations pour votre présence à ce «Thé Politique».

En effet, ce jour 25 mai 2013, nous célébrons le cinquantenaire de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), ancêtre de l’Union africaine (9 juillet 2002) et le 3è anniversaire de l’équipe du Secrétariat National de la CAD-Mali.
Ainsi, le 21è sommet de l’Union Africaine, placé sous le thème «Panafricanisme et renaissance africaine» se tient au moment où notre pays, le Mali vit la plus sombre crise de son existence contemporaine à cause d’hommes et de femmes qui ont juré de le mettre à genoux à travers la mauvaise gouvernance, le népotisme, la corruption à grande échelle dans une impunité totale.

Aussi, Union africaine (UA) depuis juillet 2002, elle milite depuis 50 ans pour «une Afrique intègre, prospère et en paix, dirigée par ses citoyens et constituant une force dynamique sur la scène mondiale». Un pari fou à l’époque, mais qui a fait son chemin, même si le continent noir est souvent rongé par des conflits et doit faire face à plusieurs problèmes : sécheresse, famine, analphabétisme, pauvreté, exploitation.
Cependant, l’Afrique demeure malgré tout un continent avec de nombreuses richesses naturelles qui profite aux pays colonisateurs à l’époque et qui sont encore convoitées de nos jours.
L’intérêt pour l’Afrique, autrefois continent pourvoyeur d’esclaves, n’a jamais faibli. On peut même assister à un intérêt croissant, à l’heure où les autres marchés mondiaux sont essoufflés par la crise économique.
Le Mali, depuis le 22 mars 2012 est confrontée à une double crise sécuritaire et institutionnelle et se trouve sous tutelle de la communauté internationale avec le leadership de la France.
En témoigne le rôle qu’elle joue dans les théâtres des opérations militaires et son influence sur le processus électoral. Aussi, le rôle qu’elle vient de jouer pour l’organisation de la rencontre des amis du Mali à Bruxelles le 15 mai dernier pour la mobilisation des milliards d’euro.

Aujourd’hui, il s’agit de s’interroger sur la destinée de notre pays, de nos populations prises en otages car tout se trament sans qu’elles ne donnent son avis. Comment repenser le Mali alors que les mêmes maux et les mêmes hommes et femmes sans scrupules loin de renoncer à leurs pratiques malhonnêtes ? Comment faire de la société en perte de vitesse une alternative au renouveau malien ? Comment réussir les élections crédibles et transparentes sur tout le territoire national pour doter le pays d’un leader crédible capable de relever les nombreux défis que connaît le pays ? Quel rôle pour la société civile ?
Aussi, lors de ce «Thé politique» il s’agira d’échanger sur le rôle et la place de la société civile dans le renouveau de la justice malienne, passage obligé pour bâtir un véritable Etat de Droit, garant de la démocratie.

En cette commémorative des 50 ans de l’OUA, permettez-moi de rendre un hommage à des pionniers du panafricanisme comme, Modibo Keita, William Dubois ; Marcus GARVES Kwamé Nkrumah Patrice Emery Lumumba, Julius Nyerere, Mouammar Kadhafi, Thomas SANKARA, Nelson MANDELA, Tabo MBEKI et bien d’autres.

L’Inter de Bamako du 27 Mai 2013