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Deux images saisissantes le week-end dernier sur les télévisions françaises : une petite fille d’à peine six ans l’air mi gaie mi triste s’exclame « on va quitter ici, je pourrais avoir une chambre…« . Autre image, c’est celle d’un groupe de femmes, visiblement contentes chantant et dansant, comme pour célébrer un heureux événement. Ces deux images traduisent en réalité le soulagement quasi unanime qui a accueilli la signature d’un accord intervenu dans la nuit de vendredi, entre France Terre d’Asile, SOS Racisme et la Licra. Un accord qui, en principe, met un terme au calvaire de plus de 300 ex-squatteurs d’un ancien bâtiment universitaire de Cachan. Dans le lot, de nombreux Maliens.

Suite à l’accord conclu, les opérations d’évacuation du gymnase Belle-Image de Cachan ont donc commencé le samedi. Les premières familles évacuées ont été acheminées à Creteil, où elles ont été logées.

Ici, dimanche, les opérations se sont poursuivies. Cependant, certaines familles ont vite déchanté. Elles ont en effet estimé que les nouveaux logements proposés étaient souvent loin de leurs lieux de travail.

De son côté, Pierre Henry, le directeur général de France Terre d’Asile, n’a pu contenir son énervement. En effet, pour lui, proposer 370 places d’hébergement en Ile de France tenait de l’exploit. « Nous n’avons pas la capacité de proposer des hébergements à proximité des lieux de travail pour les personnes en situation irrégulière » a-t-il martelé.

Pour l’instant, le plus difficile semble acquis pour les pensionnaires du gymnase de Cachan : trouver un toit. Ceci est d’autant important, car depuis le mois d’août dernier ces personnes, dont de nombreux enfants, vivent dans une situation dramatique.

Et le pire était à craindre avec l’approche de l’hiver. Le dénouement de cette affaire constitue une victoire. Victoire pour les ex-squatteurs, victoire aussi pour cette France solidaire constituée d’hommes et de femmes qui ont fait leurs la souffrance et la misère des ex-squatteurs.

En effet, une formidable chaîne de solidarité est nouée autour des familles du gymnase.
Aujourd’hui, les efforts de ces hommes et femmes sont couronnés. Voilà un enseignement pour cette autre France, où le rejet de l’autre, la stigmatisation sont (hélas !) en train de prendre le pas sur les valeurs humanitaires.

Dans cette France, l’immigré, surtout l’africain, est malheureusement devenu une obsession, source de tous les malheurs. Cette France, dans sa nouvelle politique anti-migration cherche visiblement à organiser une véritable chasse à l’homme. Première cible : les Africains de France.

Dans ce combat, ce sont surtout le préjugé et le rejet qui sont mis en avant. Alors, la solidarité ne peut être une vertu partagée par tous et pour tous. Et c’est dommage !

C.H Sylla

09 octobre 2006.