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Le FDR, farouchement opposé au coup d’État du 22 mars dernier, demande, dans un communiqué publié mardi, purement et simplement la démission du Premier ministre de la transition, «en vue de faciliter les consultations pour la mise en place d’un nouveau Premier ministre et d’un gouvernement d’union nationale».

L’argument-massue du Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la république (FDR): «Plus de trois mois après la mise en place du gouvernement, force est de constater que sur chacune des questions prioritaires qui constituent la raison de sa nomination, l’action du gouvernement est marquée du sceau de l’immobilisme, de l’improvisation et du pilotage à vue ».

La 2e vice-présidente de ce front anti putsch, à savoir l’ancienne ambassadeur, Fatoumata Siré DIAKITE, signataire de ladite déclaration, enfonce le clou : «La feuille de route du gouvernement annoncée avec une forte publicité, seulement le 16 juillet, est plutôt un plan d’actions sans aucune vision politique et stratégique, et sans chronogramme ni délai précis, manifestement concocté sous la pression des événements et dans lequel les priorités brûlantes de la Nation ne sont guère mises en évidence ».
Et la président de l’APDF d’ajouter:«Plus de trois mois après l’installation du gouvernement, il n’y aucune avancée notable dans aucune des missions prioritaires de la Transition ».

En guise d’exemples que le FDR qualifie d’assez «révélateurs: «Le Premier ministre est réticent à demander le concours de la communauté internationale pour sortir le pays de cette tragique situation; le gouvernement a été incapable d’assurer la protection du président de la République sauvagement attaqué le 21 mai dans ses bureaux ; le harcèlement, la persécution de la presse, les enlèvements et les bastonnades de journalistes dans le but évident d’instaurer un climat de terreur et de bâillonner la liberté d’expression n’ont pas, à ce jour, fait l’objet de la moindre investigation».

La première des choses que l’on peur reprocher à ces objecteurs de conscience, c’est qu’ils ne sont les mieux fondés à parler de «l’immobilisme, de l’improvisation et du pilotage à vue » du gouvernement CMD puisque ce sont-là les défauts des leurs propres gouvernements successifs qui ont conduit le Mali au désastre actuel face aux rebelles du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) avec leurs alliés islamistes radicaux, en ordonnant à l’armée régulière les «replis stratégiques» synonymes de déroutes militaires qui ne disaient pas leur nom infâme.

Et puis, comment parler de «l’immobilisme, de l’improvisation et du pilotage à vue » quand on sait que le gouvernement CMD est arrivé dans un tas de ruines, même les chaises des ministères étaient toutes enlevées: il n’y avait rien si ce n’est le seul mur des bureaux.

D’autre part, peut-on et doit-on parler de «l’immobilisme, de l’improvisation et du pilotage à vue » quand les engrais sont subventionnés au bénéfice des paysans et que, malgré la fermeture de tous les robinets extérieurs sur demande des militants et responsables zélés du FDR, les salaires sont «régulièrement payés et à temps,sans aucun risque à ce sujet sur le moyen et le long termes», pour reprendre le ministre des Finances, Tiénan COULIBALY?
Ah, j’oubliais, le sort des millions de paysans leur importe peu, tout comme les mesures qui ont permis de soulager en amont les ménages en cette période de ramadan.

Quant au procès en sorcellerie sur «l’incompétence» de CMD, cela frôle le ridicule même si, après coup, l’on tente de salir sa réputation de «scientifique de haut volet», puisqu’il n’est pas donné à n’importe qui d’être même un «balayeur» dans la cour de la NASA. De toutes les façons, on est coutumier du sujet: on refuse encore de reconnaître que les pharaons des premières dynasties étaient tous des Noirs avec des cheveux crépus, malgré les témoignages écrits des savants grecs qui ont visité l’Égypte à ces époques. Plus près de nous, le plus grand informaticien encore en vie est un Nigérian, Emeagwali, lui aussi un ancien de la Nasa.

«Il est un informaticien et un inventeur multidisciplinaire qui a développé des logiciels ayant permis de résoudre des problèmes complexes longtemps qualifiés d’insolubles. Inspiré par les formes complexes de la nature, Emeagwali a recouru à la géométrie pour prouver que les abeilles utilisaient la méthode la plus efficace possible pour construire leurs ruches. Il en a déduit qu’un ordinateur construit suivant le modèle de la ruche pourrait améliorer l’efficacité.

Ce qui est bien le cas. L’architecture informatique qu’il a conçu a permis à 65 000processeurs travaillant de concert de réaliser le plus grand nombre d’opérations jamais réalisé par un ordinateur en une seconde, soit 3,1 milliards de calculs. Une première mondiale. Cela représentait trois fois la vitesse des super-ordinateurs du moment, à un cinquième du coût», selon African success. Mais, à ce jour, aucune firme n’a financé la fabrication de son super ordinateur «la ruche». Imaginez si ‘était un Blanc…On n’aurait plus parle de Bill GATES.

En ce qui concerne le blabla sur la reconquête du Nord, ceux qui accusent le gouvernement CMD «d’inactions sur le terrain» sont ceux-là mêmes qui ont fait du lobbying pour bloquer les livraisons d’armes à leur propre pays pour permettre à ses soldats de laver l’affront qui leur a été fait par le régime ATT qui les avait émasculés pour le compte des rebelles avec lesquels il était de mèche selon les épouses de militaires qui le lui ont craché en plein visage à Koulouba. Quelle est l’armée au monde qui peut gagner face un ennemi dont la taupe principale se trouve être «le chef suprême des armées lui-même»?

Pour ce qui est des critiques portées contre la feuille de route du gouvernement CMD, la réponse est celle-ci: il est plus facile de critiquer que de proposer.
Alors, au lieu de verser dans la critique facile, le FDR n’a qu’à faire des «contre-propositions» point par point et le peuple jugera si les siennes sont «meilleures».

Nous passons sous silence le fait que le gouvernement CMD a été installé dans la crise du Nord, mais confronté dès le départ à une crise institutionnelle dont la faute de la mauvaise gestion incombe à tous les acteurs qui n’ont pas joué leur mission à hauteur de souhait, sans compter la guerre des bérets engendrée par une tentative de contre-coup d’État par les amis de l’ancien président ATT, auquel certains se sentaient plus redevables qu’à l’État du Mali.

En réalité, tout ce tintamarre n’a qu’un seul but: renter avec fracas dans le futur gouvernement pour continuer à se servir du pays au lieu de le servir comme cela se doit pour un digne fils de la Nation.

Seydina Oumar DIARA-SOD

Info Matin du 26 Juillet 2012