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Combien sont-elles ces filles ou femmes à refuser de telles propositions (sexe contre bonnes notes, sexe contre promotion) au détriment de leur succès, réussite ou promotion ? Peu ou beaucoup, là n’est pas le problème.

jpg_f-11.jpgLe hic est que cette pratique est non seulement dévalorisante pour la femme, mais également, entraîne tout le monde dans un précipice car même celles qui réussissent au prix de leur compétence ou mérite seront “in fine” vues d’un œil sceptique. Et cela est dommage…
La Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP), le temple du savoir, est en train de perdre ses lettres de noblesse. La nouvelle est bonne.

Cette fois-ci, il ne s’agit pas de fraude, mais d’une histoire de harcèlement sexuel qui est née entre un professeur et une étudiante.
Cette étudiante qui souhaiterait par le raccourci des choses se retrouver dans une autre classe sans pour autant fournir d’effort, s’est livrée à son professeur.

Le professeur a eu gain de cause et cette dernière a été surprise par les résultats. Son nom ni figurait pas parmi les passants et sous l’effet de la colère, elle rapporta sa mésaventure à ses parents. La maman décida d’aller voir l’administration pour soulever le problème, elle fut surprise dans la réalité des choses car le professeur en question qui a eu du plaisir à soulever la cuisse de sa fille est son cousin.

Même si la marchandise a été livrée et suite à la plainte de cette fille, que la maman n’a pas voulu poursuivre cet enseignant assoiffé de sexe dans ses errements, le problème reste posé. Un tel comportement venant d’un enseignant, un éducateur, met à nu les maux d’une société en perte de ses valeurs morales où le sexe et l’argent constituent les maîtres mots.


Mais jusque-là, aucune instance politique,
religieuse ou sociale n’a pris à bras-le-corps l’épineux et délicat problème du harcèlement sexuel dans nos établissements scolaires. Pis, l’on a poussé l’audace jusqu’à trouver des expressions consacrées à ce phénomène comme si cela était un exploit.

Ainsi entend-t-on parler «de notes sexuellement transmissibles (NST)» ou de promotion «Canapé». Et les vedettes de ces pratiques ignobles et indignes sont pour la plupart du temps les femmes (pour parler de la gent féminine). Si ce professeur a eu le culot de proposer aux filles «une partie de jambes en l’air» et réclamer de l’argent aux garçons, cela témoigne qu’il n’est pas à son premier coup. En effet, certaines filles ou femmes préfèrent effectivement se servir de ce qui fait leur dignité pour parvenir à leur fin. Une facilité de réussite qui n’est pas seulement propre au milieu scolaire.

Nombreux semblent les secteurs d’activités où serait appliqué ce système de troc, «sexe contre promotion». Tous (hommes comme femmes) s’y plaisent, si bien que l’on en parle sans sévir. A la limite, l’on croirait que cette entrave aux mœurs est devenue normale.
Ce phénomène est une épine aux pieds du système éducatif malien et les torts sont partagés.

Les filles paresseuses se jettent elles-mêmes dans la course aux bonnes notes, en utilisant tous les artifices possibles pour s’attirer le regard des enseignants. Elles n’ont pour seule arme que la séduction et le jupon. Elles savent bien que sortir avec un professeur est une garantie pour avoir la moyenne dans toutes les matières par le jeu de parrainage.

Gnimadi Destin

14 Mai 2009