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En France, les députés débattent ce lundi de l’immigration. Les chiffres des arrivées dites clandestines en Europe des migrants venus du continent africain marquent un coup d’arrêt. D’après l’agence Frontex, en un an les migrants sont 30% de moins à venir vers le continent.Dans la banlieue populaire de Dakar, à Pikine, l’activité ne cesse pas le dimanche. Une casquette, un t-shirt vert : à l’ombre devant la boutique d’un menuisier, Mbaye Mor Dioum vient fuir la chaleur de son appartement. Le jeune homme, artiste, aimerait bien partir en France. « Je veux découvrir d’autres horizons. En tant qu’artiste, ça me paraît important. Je pense à la France depuis quelques mois maintenant. Mais c’est difficile de concrétiser ce projet », concède-t-il.En vue de « concrétiser », le jeune rappeur prendra-t-il une route illégale ? « Il n’en est pas question ! J’y ai pensé… et puis non. Trop de risques. Je ne passerai pas par la voie illégale. Je ne me vois pas prendre la mer juste pour aller en France… ça ne vaut pas le coup. » Il dit avoir commencé des démarches administratives, restées pour l’instant sans succès.Mbaye Mor Dioum est un des rares candidats au départ de la ville à avoir changé d’avis. Il est suivi par les membres de l’association Académie Banlieue Culture, qui organisent des conférences et des ateliers pour les jeunes sur le point de partir. Son président, Amath Sarr, estime qu’il vaut mieux « investir dans son pays » plutôt que de « dépenser des millions [de francs CFA, plusieurs milliers d’euros, NDLR] pour tenter une route qui de toute manière a peu de chances d’aboutir ». Ces dernières années, l’association a moins de mal à convaincre les jeunes de rester.  » Il y a des témoignages de ceux qui reviennent de France », explique Amath Sarr, et leurs galères sont loin des projections que peuvent avoir certains. RFI