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Le président burkinabé, Blaise Compaoré, est en train de donner une nouvelle image de lui-même : celle d’un faiseur de paix.

Blaise Compaoré est devenu président du Burkina Faso le 15 octobre 1987, à la suite d’un coup d’Etat au cours duquel son prédécesseur et ami Thomas Sankara a été assassiné.

Considéré, il y a peu, comme le grand satan de la sous-région, le président burkinabé, Blaise Compaoré, a été présent sur tous les foyers de tension et de guerre de l’Afrique. A tort ou à raison (plutôt à raison qu’à tort), il n’est pas un conflit, même entre des personnalités politiques locales, où son nom n’a pas été cité.

Ceux qui voulaient être craints se réclamaient de lui. Il n’y a pas un seul chef d’Etat de la sous-région qui ne se battait pour être dans ses bonnes grâces. Et pourtant, l’homme lui-même est très avare en mots. On l’entend parler très peu, ce qui contribue d’ailleurs à épaissir le mystère autour de sa personne et à obscurcir la légende.
Il est, ou a été l’ami de tous les Africains voués aux gémonies et coupables des pires exactions contre les populations : Jonas Savimbi, Charles Taylor… Il est considéré comme le parrain ou le mentor d’autres, tel Guillaume Soro.

Mais, depuis peu, le président burkinabé semble se reconvertir en apôtre de la paix. Dans la recherche de solution au cas libérien, et de… Taylor, tout le monde avait pensé que c’est acculé et sans autre solution qu’il s’était résolu à lâcher celui-ci. En 2006, unanimement, les Togolais l’ont chargé d’être le médiateur entre les successeurs d’Eyadema et l’opposition. A l’époque, les plus optimistes s’étaient contentés de sourire. Mais, le résultat est : en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Blaise a ramené la paix au Togo, laissant tout le monde incrédule.

Cette réussite a donné des idées à d’autres, qui, il y a peu, ne lui auraient même pas confié leur péché. Fin 2006, il est sollicité par le président ivoirien pour intervenir également en tant que médiateur dans la crise ivoirienne. Sans tambour ni trompette, il a trouvé une solution. Si le contenu de cet accord n’est pas encore dévoilé, il reste indéniable qu’il vient de réussir encore une fois, en deux mois, là où la Cédéao, l’ONU et bien d’autres ont lamentablement échoué des années durant.

C’est sûr : le président Compaoré s’est bien reconverti.

Alexis Kalambry

05 mars 2007.