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En niant la présence de réfugiés maliens au Burkina, nos autorités ne sont pas loin de traiter le président du Faso et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de menteurs. Ce qui est totalement incorrect en langage diplomatique.

Les autorités burkinabés ont annoncé qu’il y a une colonie de Maliens ressortissants des régions du Nord qui se sont réfugiés au Burkina Faso. Le phénomène n’est pas nouveau du reste et n’est pas non plus lié à une internationalisation du conflit, encore moins à une incapacité des autorités à juguler le problème.

Mais ce que l’on ne comprend pas, c’est la sortie inopportune et pour le moins hasardeuse des maires de certaines localités du Nord. Ceux-ci se sont fendus en des communiqués laconiques pour dire qu’il n’y a pas un seul de leur concitoyen qui soit parti. Comme si un réfugié devait prendre une autorisation de sortie, ou se faire recenser en fuyant.

En tout cas, ce qui est sûr, c’est que, comme nous montrent les photos réalisées le 4 juin dernier au stade du 4-Août de Ouaga, il y a bel et bien des Touaregs qui sont hébergés au stade et ceux-ci se disent Maliens.

Le ministre des Affaires étrangères, Moctar Ouane, qui a du reste été reçu par le président du Faso, Blaise Compaoré, avait toute la latitude de faire un tour au stade pour voir s’ils ne venaient pas du Niger.

L’attitude du gouvernement est dangereuse en ce sens qu’il fait passer à la fois le gouvernement burkinabé et la Croix-Rouge internationale pour des menteurs. En effet, le ministre des Affaires étrangères du Burkina, Djibril Bassolé, tout comme les responsables du CICR au niveau de ce pays ont confirmé, appelant à la solidarité internationale.

Pourquoi alors fermer les yeux, ou nier une telle évidence ?

Echos du

11 Juin 2008

A. Kalambry