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A la veille de l’institution du bureau du vérificateur général, force est de constater qu’au sein de l’opinion publique nationale une sorte de frayeur s’était emparée de nombre de concitoyens. Pourquoi cela? Le contrôle de la gestion des ressources publiques n’entre-t-il pas dans l’ordre normal des choses? Pourquoi doit-on en être inquiété quand on sait qu’on est au-dessus de tout soupçon dans le cadre de sa gestion des ressources publiques? C’est la question que l’on se pose aujourd’hui après quelques années de travail laborieux du staff du bureau du vérificateur général. Et à juste titre, quand on sait que les deux rapports produits par la structure ne cessent de susciter des réactions.

Dans un tel contexte, la vérité est de quel côté? Est-on contraint de se demander. Dans tous les cas, le souci majeur des, unes et des autres.
Depuis le début des activités du bureau du vérificateur général qui furent sanctionnées par un premier rapport accablant, nombreux sont ceux qui ne dorment plus que d’un seul oeil.

Certainement que certains se reprochent des choses. Mais, au fil du temps, au regard des appréciations et réactions consécutivement à la publication du second rapport du bureau du vérificateur général, on se rend compte qu’il y a problèmes, tant du côté des structures et personnes contrôlées que de celui du bureau du vérificateur lui même.

DES SOUPÇONS SUR LA MORALITE DU DOCUMENT

En effet, il s’est passé des situations qui imposent qu’on s’arrête un moment pour bien réfléchir, diagnostiquer la situation qui prévaut aujourd’hui dans la société, notamment dans les rangs de ceux qui ont la lourde responsabilité de gérer les fonds publics ou de contrôler cette gestion.

La pluie de contestations du contenu de ce dernier rapport par nombre de structures en dit long sur l’ambiguité que ledit document précieux présente. En effet, il y a de plus en plus de lourds soupçons qui pèsent sur la moralité même du rapport, quand on sait que les dossiers mis à la disposition de la justice conformément aux voeux du président de la République tardent à être diligenter. Cela n’explique-t-il pas qu’il y a problème quelque part?

DES FAUX BONS

En tout cas, la situation du rapport de certains services semble prêter à équivoque. C’est le cas notamment de l’Office du Niger où des cadres ont été épinglés par le premier rapport du vérificateur général. Par la suite, certains ont été interpellés et privés de leur liberté d’aller et de venir avant d’être relaxés pûrement et simplement.

Au sein de l’opinion publique, certains s’en sont réjouïs, espérant que c’était le début de la croisade contre la corruption, surtout la délinquance financière. De l’autre côté, il y en a qui avaient plutôt pris peur que leur tour n’arrive d’être dans les mailles de la justice.

Mais, coup de théâtre, la montagne a accouché d’une souris, puisqu’on a assisté à la relaxe pure et simple de ceux-ci pour défaut de preuve étayée contre eux. Après cette situation, le doute et la méfiance se sont installés autour du bureau du vérificateur général et de ses rapports.

LE BUREAU DU VERIFICATEUR DECRIE

La situation qui a renforcé cette méfiance se résume aux réactions des représentants de plusieurs autres structures épinglées par le rapport du végal, notamment le service des impôts, la DAF du ministère de la Santé entre autres.

On se rappelle aussi que le bureau du vérificateur général a eu à déclarer des manques à gagner si importants dans certains cas qu’il s’en est suivi des réactions en guise de contestations. Mais, par la suite, il a été contraint de revoir à la baisse cette somme faramineuse déclarée comme étant une perte pour l’Etat.

Aussi, on a du mal à comprendre la méthode même de contrôle du bureau du vérificateur général qui, dans certains cas, s’est contenté de cumuler le bilan de trois trimestres.

Ainsi, aujourd’hui, de plus en plus, le travail du végal est décrié, non pas parce que les uns et les autres ont peur qu’il les épingle, sachant bien qu’ils ont fauté, mais en raison d’incohérences et d’illogismes qui caractérisent ses rapports.

IL FAUT SOUMETTRE LES RAPPORTS DU VEGAL A UN AUDIT

Dès lors, il se pose la problématique même de l’efficacité du contrôle et de la fiabilité des rapports du vérificateur général. Toute chose qui imposent d’envisager la mise en place d’une commission ad’hoc qui se chargera de sillonner les traces du bureau du vérificateur général pour y décéler d’éventuelles irrégularités qui entâcheraient la moralité de ses rapports.

Cette commission, pour être efficace dans la mission qui lui sera confiée, doit être constituée de vérificateurs, des représentants des structures épinglées, du contrôle général d’Etat, de la société civile entre autres. Avec une telle composition, les garde-fous sont assurés contre toute dérive, voire la corruption qui pourrait être de mise car, sait-on jamais ce qui adviendra dans ces genres de situations? C’est le temps qui nous le dira.

POURQUOI L’AUDIT?

Au stade actuel de la production des rapports du végal et des réactions qui s’en suivent, il y a nécessité que l’audit du travail du vérificateur soit fait. Cela sera très utile, tant pour le bureau lui même dont on doute de la pertinence des rapports, les structures épinglées, le pouvoir lui même, les partenaires au développement, certains étant scandalisés par les deux rapports, notamment le dernier, en raison de la somme faramineuse déclarée comme manque à gagner et l’opinion publique nationale qui, en fin de compte, se trouve dans un dilemme.

Cet audit tant souhaité nous permettra sans doute de savoir si toutefois on peut se permettre de transmettre les dossiers à la justice pour qu’elle traque ceux qui sont incriminés par le bureau du vérificateur général.

Moussa SOW

23 novembre 2007.