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Le deuxième acte du renouvellement du bureau du Conseil des Maliens de Cote d’Ivoire (CMCI), sous l’ère Macalou, vient de s’achever à Abidjan, sur une note mitigée. Une nouvelle fois, les Maliens dans leur grande majorité ont, rejeté le diktat de la minorité regroupée autour du président sortant Ousmane Tanapo.

De lourds soupçons pesaient sur la délégation du Ministre de tutelle, accusé à tort ou à raison, de tout faire pour imposer Tanapo à la tête du CMCI. Raison pour laquelle, il n’a pu obtenir, une fois de plus, la formation du bureau qu’il appelait de tous ses vœux. Cependant, il est retourné à Bamako avec l’amorce d’une entente entre toutes les parties en conflit, avec la constitution d’une commission de réflexion pour former un bureau avant le 13 Février, date de la Conférence du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur à Bamako.

Du Vendredi 13 au Dimanche 15 Février prochain, se tiendront les assises de la Conférence du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur (HCME), sur les bords du Fleuve Djoliba. Pour permettre aux Maliens de Cote d’Ivoire de participer à ce grand rassemblement qui ouvrira une ère nouvelle dans la vie de cette structure mère, le ministère de tutelle et le HCME, conscient du poids de ce pays, de par le nombre de Maliens y résidant, après moult acrobaties, se sont résolu à dépêcher une mission à Abidjan.

Fort de l’échec de sa toute première tentative de renouveler le bureau du CMCI, il y a presque un an (Février 2008), le Dr Alou Badra Macalou, Ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration Africaine a rencontré les différents protagonistes de la crise qui bloque la mise en place du Bureau de la Cote d’Ivoire.

C’était le week end dernier, dans la salle de conférence de l’Ambassade du Mali à Abidjan. Les hostilités ont commencé dès le Samedi matin avec les rencontres avec les deux tendances en conflit, à savoir ; celle de Tanapo Ousmane et de Hamet Diawara.

De ces deux rencontres au sommet, il est ressorti clairement que les Maliens de Cote d’Ivoire aspirent à la paix, mais ont du mal à regarder dans la même direction, tellement leur divergence est grande. Le camp Tanapo revendique un autre mandat pour leur poulain, qui n’a selon eux, fait qu’un seul, depuis le 02 Novembre 1997(date de son élection). Ceux-ci trouvent qu’il n’est pas normal de maintenir fermer le siège du CMCI, en les empêchant de travailler, une année durant.

Quant aux adversaires d’en face, les hommes à Hamet Diawara, ils trouvent que trop c’est trop, le Mali n’appartient pas à un seul homme, fusse-t-il le « parent » du Président ATT. Selon eux, les textes du HCME disent clairement que le mandat du Président est de cinq ans renouvelable une seule fois.

Pour Mr Badié Niangadou, Président du Mouvement citoyen (membre du collectif des neuf structures associatives), « Tanapo a été reconduit en l’an 2000 par le président Abdrahamane Chérif Haidara (Président du HCME), pour son deuxième mandat, il ne doit plus prétendre à une autre candidature.

Ce qui est plus grave, tanapo refuse de rendre compte de la gestion des 11ans passé à la tête du CMCI ». C’est le même son de cloche pour Django Goundo Mady, Président des jeunes Patriotes Maliens de Cote d’Ivoire, « Nous sommes prêts à faire des concessions, même avec le fils de Tanapo comme candidat, mais plus jamais Tanapo lui-même comme candidat.

D’ ailleurs, continue-t-il, en envoyant devant les tribunaux Ivoiriens 16 responsables Communautaires et des Bérets Rouges de l’Armée Ivoirienne au sein de notre Ambassade pour défoncer les portes du siège du CMCI, le jour de la présentation des lettres de créances de notre Ambassadeur, Tanapo n’est plus digne de figurer parmi ceux qui postulent au fauteuil de Président du CMCI ». En outre le Ministre Macalou qui a été blanchi par les Maliens de cote d’Ivoire des soupçons qui pesaient sur lui, a été mis en garde par Bandiougou Camara contre certains membres de sa délégation qui roulent pour Tanapo.

Néanmoins, malgré la rigidité des positions, une deuxième rencontre, entre 15h00 et 22h00, avec un nombre restreint de quatre membres de chaque côté, ce samedi, a permis de dégager un consensus.

Il fut donc décidé de la création d’une commission de réflexion avec quatre personnes du côté de Tanapo, quatre de celui de Hamed Diawara et quatre autres du côté des neuf structures associatives. Les Jeunes Patriotes ont eux aussi demandé deux places dans cette commission lors de leur rencontre, à huis clos avec le ministre qui le leur a accordé.

Ceux-là qui jouent le rôle de troubles fête, avaient été priés d’ouvrir les portes du siège du CMCI pour permettre à la commission d’y siéger. Proposition qu’ils n’ont pas rejetée, mais ils ont demandé que les clés soient sous la garde de SEM l’Ambassadeur au lieu de celle de Tanapo, comme ce dernier le voulait. Finalement le Ministre a compris que l’ouverture du Conseil soulevait tellement de tension, qu’il s’est en fin de compte ravisé.

La prise de position d’un membre de la délégation dénoncée.

Lors de leur huis clos avec le Ministre, le représentant de la Délégation Générale des Maliens de l’Extérieur, Mr Sall a fait tomber le masque en demandant aux jeunes patriotes de remettre les clés du siège du Conseil à Ousmane Tanapo.

Proposition énergiquement rejetée par les Jeunes qui attirèrent l’attention du Ministre sur le danger que constituent les provocations de la part de Tanapo et ses hommes, et les conséquences qui suivront son départ à Bamako.

Les raisons de cette proposition indécente, se défend Mr Sall, étaient tout simplement stratégiques. Car Tanapo voulaient retirer sa plainte contre les responsables maliens, en échange de l’ouverture du bureau et l’obtention des clés du siège.

Une monnaie d’échange en quelque sorte. Mal lui en prit, car la réponse des jeunes a été catégorique. « Si Tanapo veut, qu’il amène devant les tribunaux ivoiriens, toute la communauté malienne de Cote d’Ivoire, il n’aura pas les clés du Conseil », réplique Django Mady.

Contrairement au 23 Février 2008, le Ministre Macalou, dont tout le monde a salué le courage, bien qu’il n’ait pas réussi à partir avec un bureau dans sa besace, a réussi a obtenir la création d’une commission de réflexion qui aura la lourde tâche de trouver les voies et moyens de mettre un bureau consensuel en place, d’ici la tenue de la Conférence du HCME les 13, 14 et 15 Février 2009.

Pour qu’enfin les Maliens de Cote d’Ivoire puissent aller à Bamako avec une seule délégation pour prendre part au renouvellement du bureau du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur.

De Gildas correspondant du Républicain à Abidjan

22 Janvier 2009