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Le projet de loi relatif à l’importation, l’exportation, le transit des OGM sur le sol malien, celui portant privatisation de la CMDT et le Budget Etat 2009, étaient les axes principaux de l’analyse des membres du groupe parlementaire PARENA-SADI. C’était le mardi 10 février, lors d’une conférence de presse organisée par le groupe parlementaire dans l’espace démocratique Kayira.

Elle a été animée par les honorables Konimba Sidibé, Dr. Oumar Mariko, et Amidou Diabaté, tous membres du groupe parlementaire, PARENA-SADI et de l’opposition. Les conférenciers ont vivement critiqué l’ordre du jour qui constituerait le thèmes principaux de la rencontre. Toutes des questions sensibles de l’heure constituent des sources de divergences entre l’opposition et la majorité présidentielle.

Le projet de loi relatif a la biotechnologie au Mali

Voté et adopté depuis le 13 novembre dernier, ce projet de loi reste un point de divergence entre l’opposition, les organisations de la société civile et les pouvoirs publics. Son adoption continue à susciter des réactions à plusieurs niveaux. A présent, le groupe parlementaire de l’opposition poursuit son combat, malgré qu’il s’est largement battu à l’Assemblée Nationale.

Selon l’Honorable Konimba Sidibé, cette loi votée expose le Mali à des risques. Son contenu est loin d’assurer la protection du pays contre les risques liés à l’utilisation de la biotechnologie. Les risques liés à l’utilisation des OGM font l’objet d’un débat houleux entre les scientifiques au niveau mondial.

En raison des résultats forts contradictoires, des études menées, il n’existe aucune certitude absolue sur les conséquences de l’utilisation des OMG sur la santé humaine. Selon l’Honorable, la loi portant adoption des OGM au Mali comporte l’autorisation du recours à tous types d’OGM avec comme conséquence l’accroissement considérable de l’exposition du pays aux risques.

Avant de fustiger que “les autorités ont une fois de plus mis la charrue avant les boeufs car, une bonne connaissance des risques encourus et l’existence d’un cadre de biosécurité fiable sont des préalables à l’adoption d’une telle loi”.

Aux dires de l’orateur, cette loi fait peser une menace grave sur la sécurité et la souveraineté alimentaire du pays. Car, des études ont prouvé que l’utilisation des OGM peut conduire à une dégénérescence des semences locales. Les pollens des OGM peuvent se déplacer et infecter les plantes des champs avoisinants qui, à leur tour, infecteront d’autres.

Il en résultera à cet effet une perte de stabilité de la production et une dégénérescence des semences locales et pire l’impossibilité de les utiliser.

En plus, cette loi n’est pas conforme à certaines dispositions de la Loi d’Orientation Agricole du Mali et du protocole de Cartagena précisément l’article 107 et 141 de la loi d’orientation agricole.

Aussi, elle garantit peu la réparation des dommages liés à l’utilisation des biotechnologies, elle impute la responsabilité des dommages et leur réparation au seul auteur de l’importation, de l’exportation, du transit, de l’utilisation, de la libération ou de la mise sur marché des OGM. Selon l’orateur, cette solution est inacceptable. C’est forts de ces constats et risques que les députés de l’opposition ont voté contre l’adoption du projet de loi relatif à la biotechnologie au Mali et n’entendent plus croiser les bras.

La privatisation de la CMDT

Le deuxième volet de cette conférence de presse portait sur la privatisation de la CMDT. A ce niveau, le conférencier a fustigé l’incapacité du pouvoir en place à gérer convenablement la CMDT, une branche essentielle de l’économie malienne depuis l’indépendance. Selon lui, deux raisons suffisent pour rejeter le projet de loi relatif à la privatisation de la CMDT.

Il a ajouté que le schéma actuel de la privatisation de la CMDT ne donne aucun coton à un prix décent aux producteurs après la privatisation. Aussi, le projet de loi porte sur “la cession du tout ou partie du capital de la CMDT”.

A ces termes, il a précisé que le gouvernement a présenté à l’Assemblée Nationale un dossier mal ficelé et peut convainquant de désengagement de l’Etat de la filière coton qui ne garantie point la pérennité de celle-ci ni la solidarité que la nation entière aux cotonculteurs qui ont porté l’économie du pays àa bout de bras pendant des décennies. Avant de souhaiter un retrait de ce projet de loi, pour monter un autre dossier de qualité apportant des réponses claires et convaincantes.


Le budget d’état 2009

Le dernier point de cette conférence de presse portait sur le budget d’Etat 2009. Selon l’honorable Sidibé, à travers des études et analyses portant sur le contenu du dossier, plusieurs facteurs prouvent à suffisance qu’il faut surseoir à ce dossier. Il s’agit de l’aggravation d’un déficit budgétaire insoutenable de 127, 304 milliards en 2009 contre 119,472 milliards en 2008.

A ses dires, le budget est insuffisamment réalité, non exhaustif, moins transparent caractérisé par la multiplication des comptes et fonds spéciaux des budgets programme de qualité médiocre. Aussi, il manque de progrès de dans la déconcentration et la décentralisation de la gestion des ressources publiques, en plus la marginalisation de la justice et la forte baisse des crédits alloués à certains ministères clés.

Le budget se traduit aussi par l’importance de la demande de développement social en milieu rural et enfin plusieurs autres faiblesses dans le budget tel, la non concordance des montants des crédits des postes et structures figurant dans les différents documents budgétaires et la forte fluctuation des dépenses de certains ministères.

Tels sont les constats que les députés du groupe parlementaire PARENA-SADI ont fait avec amertume et qui seraient la cause de l’échec et du déficit du PDES.

Ousmane BERTHE (Stagiaire)

11 Février 2009