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Le budget 2009 a été refusé par les 19 opposants qui siègent à l’Assemblée nationale, la semaine dernière. Ils ont, à l’unanimité, voté contre le document présenté par le ministre des Finances, Abou-Bakar Traoré. Cependant, l’écrasante majorité des députés, soit 125, ont donné quitus à l’argentier du Mali pour la mise en œuvre du budget qui se chiffre à 1001 milliards 800 millions de FCFA contre 930 milliards 207 millions en 2008. Ce qu’il faut savoir dans le budget 2009, c’est que le budget de la Présidence et celui de la Primature ont diminué tandis que celui de l’Assemblée Nationale a connu une augmentation significative.

Ce qu’il faut savoir, c’est que les recettes de ce budget sont estimées à 988,832 milliards de FCFA en 2009 contre 930,979 milliards de FCFA en 2008. Le déficit est donc de 127,304 milliards de FCFA contre 119,472 milliards de FCFA en 2008. Il est prévu de couvrir ce déficit par la mobilisation des recettes fiscales, les ressources extérieures, la mobilisation de l’épargne intérieure et extérieure, les recettes de la Direction générale de l’Administration des Biens de l’Etat et les produits de la privatisation de la Sotelma.

Du rapport de la Commission des Finances, de l’Economie, du Plan et de la Promotion du Secteur Privé, présenté par l’honorable Sounkoutou Sissoko, il ressort que la loi de finances 2009, deuxième budget de la génération du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (2007 – 2011), poursuit deux objectifs simultanés et importants visant à mettre en œuvre les priorités de la politique de développement du gouvernement pour la réduction de la pauvreté et à consolider des performances enregistrées en matière de stabilité macroéconomique et de gestion budgétaire.

Ce qu’il faut savoir, c’est que le budget 2009 servira à développer des infrastructures et à renforcer des secteurs productifs. Il permettra également de consolider le programme de réformes structurelles du secteur public et enfin renforcer le secteur social. Les résultats attendus pour l’amélioration de ce dernier point sont : la création et la promotion d’emplois durables, le développement de l’accès aux services sociaux de base à travers le PISE II, le PRODESS II et le PROSEPA. S’y ajoutent la lutte contre le VIH/Sida, le renouveau de l’action publique, le développement du secteur privé, l’insertion des femmes et des enfants dans les circuits productifs.

Ce qu’il faut savoir également à propos du budget 2009, c’est que l’Etat demande à la douane des recettes de 260 milliards de FCFA contre 314,883 pour la direction générale des Impôts, 45 milliards pour les Domaines et le cadastre, 32,8 milliards pour le Trésor, 17 milliards pour l’Administration des Biens de l’Etat et 3,956 pour la Dette publique.

Les ressources exceptionnelles attendues par l’Etat sont estimées à 23,332 milliards de FCFA en 2009. Il s’agit particulièrement des ressources PPTE pour 11,532 milliards de FCFA et des emprunts obligataires pour 11,8 milliards de FCFA. Le montant des ressources PPTE est inscrit en compensation des dépenses financées sur les ressources de l’allègement obtenu dans le cadre de l’Initiative PPTE.

Ce qu’il faut savoir aussi, c’est qu’il existe des appuis dits budgétaires. Un montant de 45,932 milliards de FCFA est inscrit au budget 2009. Il provient des dons et programmes des institutions internationales comme l’Union européenne pour 8,081 milliards de FCFA ainsi que des dons et programmes de gouvernements étrangers pour 37,851 milliards de nos francs.

S’agissant des dépenses, il est intéressant de savoir qu’au titre du paiement des salaires du personnel civil et militaire de l’Etat, les prévisions de dépenses sont chiffrées à 179,066 milliards de FCFA contre 167,907 milliards de nos francs.

Au chapitre du matériel et du fonctionnement, une inscription budgétaire de 80,091 milliards de FCFA a été prévue pour 2009. Pour les déplacements et missions 37,230 milliards de FCFA sont inscrits dans le budget tandis que 28,372 milliards de FCFA sont annoncés pour la couverture des dépenses liées à la consommation d’eau, d’électricité et de téléphone.

Ce qu’il faut encore savoir, c’est qu’une dotation de 10 milliards de FCFA est inscrite dans le budget 2009 pour la couverture des dépenses électorales contre 2 milliards de FCFA dans le budget rectifié de 2008, en prévision de l’organisation des élections municipales. De même, il est bon de savoir que 12,209 milliards de FCFA sont prévus pour le paiement des bourses et 1 milliard pour la restructuration des entreprises publiques.

Ce qu’il faut, enfin, savoir, c’est que le budget de la présidence (de 12,08 milliards de FCFA en 2008, il est ramené à 11,5 milliards de nos francs en 2009) et celui de la Primature (de 8,304 milliards de FCFA en 2008, il est à 6,334 milliards de FCFA en 2009) ont diminué. Pendant que le budget de l’Assemblée nationale a connu une hausse significative : de 8,368 milliards de FCFA, il a atteint en 2009 la bagatelle de 9, 476 milliards de FCFA.

Chahana TAKIOU

24 Décembre 2008