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Le précédent Conseil municipal de la Commune III du district, lors de sa session du 1er au 4 juin 1999, avait adopté, entre autres mesures, l’aménagement des marchés de N’Tomikorobougou et Dravela-Bolibana.

A l’époque, Abdel Kader Sidibé avait pu réaliser le marché de Dravela – Bolibana avant la fin de son mandat, celui de N’Tomikorobougou était resté au stade de projet. Etant reconduit à la tête de la municipalité, Kader avait décidé de l’exécuter enfin.

Le projet évalué en son temps à un peu plus de 179 millions de FCFA devrait consister à la réalisation d’une auto gare par l’entreprise Sykof (Synamori Konaté et frères).

Si le projet devrait engendrer la création de 22 emplois permanents et offrir un cadre de vie agréable aux occupants et usagers, les populations du quartier d’accueil ne l’ont pas perçu de la même manière.

Elles ont opposé un niet à sa réalisation. Pour cela une association des citoyens de la commune III de Bamako résidant à N’Tomikorobougou a été mise en place et qui est présidée par Nouhoum Sanogo.

Cette association a mené des démarches auprès des autorités communales pour l’arrêt du projet. Ce qui ne l’a pas empêché d’entamer des actions de protestation à savoir une marche et une assemblée générale le dimanche 6 août au domicile du chef de quartier de N’Tomikorobougou.

Ses animateurs seront rejoints dans leur combat par les conseillers communaux originaires de N’Tomikorobougou. Parmi ces derniers, l’élu PARENA, Moussa Balla Diakité qui lors de l’assemblée générale, a défendu mordicus n’avoir jamais été au courant d’une délibération sur l’aménagement dudit marché.

Il ressort du PV de la session de juin 1999, que Moussa Balla Diakité bien que conseiller à l’époque était absent de la session et avait donné mandat à Yamadou Diallo.

Dans une pétition mise en circulation les citoyens résidents de N’Tomikorobougou disent avoir été surpris d’apprendre la réalisation de ce projet qui ne prend pas en compte leurs intérêts.

En effet, expliquera le président Sanogo, l’autogare, à l’image de celle de Sogoniko et de Médine, est synonyme de criminalité, de prostitution, de drogue, d’insalubrité voire d’accident de la circulation.

Aussi, les populations justifient leur réaction par l’insuffisance d’espace pour un tel projet et l’absence de place d’installation des personnes qui seront déguerpies de leur place.

La pétition avait recueilli 1088 signatures le lundi 7 août, le jour même où elle fut transmise au maire de la commune III.

Le conseil communal qui devrait clôturer une session extraordinaire a été contraint d’examiner exceptionnellement le problème. Après les débats, le conseil a décidé de surseoir, pour l’instant à l’exécution du projet qui fera l’objet prochainement d’une session extraordinaire qui va décider de la poursuite ou de l’annulation pure et simple du projet.

En tout cas, pour le chargé à la communication de la mairie de la Commune III, Oumar Baba Traoré, « la Commune III a été une référence en matière de décentralisation. Si la mission fondamentale de la municipalité est le développement de la circonscription, nous accordons une grande attention à l’apaisement du climat social pour conserver notre statut de commune repère dans le district voire le Mali « .

C’est fort de cette conviction qu’il rassure que le maire Abdel Kader Sidibé ne fait pas de la réalisation de ce projet une question de vie ou de mort. Et d’ailleurs, il n’est pas exclu que le Conseil décide d’annuler le projet s’il n’est pas bien accueilli par les populations.

Youssouf CAMARA

09 août 2006.