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Malgré l’évidence, c’est-à-dire toute la gymnastique faite par les Maliens pour accéder aux céréales, il se trouve encore des autorités pour se féliciter de la « bonne campagne agricole ». A les entendre, la crise n’est que passagère et les Maliens vont bientôt recommencer à boire et à manger à leur faim. Un autre plan sur la comète pour appâter les naïfs ?

Sinon pourquoi continue-t-on donc de se moquer de nous autres qui nous battons sans répit pour survivre avec de maigres revenus défiés par le sac de 100 kilo de riz qui a atteint les 35 000 F CFA ; la viande, le poisson, le lait… devenus l’apanage des « riches » dans un pays à vocation agro-pastorale ?

La réponse est simple. Avec un mouvement syndical timoré, qui ne mobilise plus, en l’absence d’une société civile percutante et avec des associations de consommateurs dormantes… les garde-fous ont sauté, laissant le peuple orphelin au propre comme au figuré.

D’où les solutions de facilité comme par exemple le limogeage de la seule ministre de l’Economie là où une thérapie de choc est nécessaire ; là où une restructuration de l’Etat, pris en otage par une poignée d’individus, s’impose. Aux grands maux, des remèdes de cheval !

De même, en livrant à la vindicte populaire des opérateurs économiques qui, ne sont pas exempts de reproche, mais en ignorant de pourfendre le système qui les a faits, l’UNTM a omis de frapper là où ça fait mal. Avait-elle seulement besoin de se donner bonne conscience ?

Dans l’affirmative, sa « sortie » doit être considérée comme une autre solution de facilité ! Que dire de la marche de soutien des femmes ? Qu’elle reflète les positions ou soulage le peuple ? « Kalon fin » ! Certaines souffrances, aujourd’hui, sont indescriptibles. Là aussi, c’est passé à côté de la plaque.

Toutefois, qu’on se le tienne pour dit : le spectre du mécontentement est toujours là et se porte même comme un charme, car « il n’y a pire eau que l’eau qui dort ». Il nous faut donc préserver la demeure commune en faisant appel aux Maliens les plus compétents pour mieux atténuer la dureté du moment.

Les vraies solutions, au lieu du bricolage, sont à portée de main avec notre pétrole ! Mais notre pétrole, c’est d’abord les cours d’eau qui arrosent le pays. Notre pétrole, ce sont les ressources humaines (ingénieurs et techniciens) mis à la touche alors qu’ils sont capables de transformer en un clin d’œil notre agriculture malgré tout extensive, en locomotive du développement.

Notre pétrole, ce sont tous ces Maliens, chacun dans son domaine, aptes à servir, mais écartés sans raison. Notre pétrole, c’est la réhabilitation de la rigueur, du travail bien fait, de l’équité et de la justice… Il est vraiment temps d’agir en profondeur parce que comme le dit un proverbe chinois « le toit qui protège la maison de la pluie a été construit par temps sec ».


A. M. T.

07 avril 2008.