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Un mois avant le premier tour de l’élection présidentielle tenu le 28 juillet 2013, le candidat Ibrahim Boubacar Kéita avait déclaré à nos confrères du journal panafricain Jeune Afrique qu’il ne participera à aucun scrutin tant que la région de Kidal sera entre les mains de forces d’occupation. Or, malgré l’opération française Serval qui a contribué à libérer le reste du pays, on sait que la ville de Kidal est toujours entre les mains des groupes armés rebelles terroristes, mouvement national de libération de l’Azawad et Mouvement islamiste de l’Azawad.

Le Mnla notamment continue d’occuper les symboles de souveraineté de l’Etat, le gouvernorat de la région et la station régionale de la chaine publique Office de radiotélévision du Mali (Ortm). Récemment, une mission gouvernementale forte de trois ministres a été prise à partie par des combattants de ces deux mouvements toujours favorables à l’indépendance de leur Azawad, signe que les indépendantistes terroristes sont toujours les véritables maîtres de cette région et même de tous le nord puisqu’ils se sont arrogés le droit, contrairement à l’accord de Ouagadougou, d’occuper des zones dans d’autres régions, notamment à Tombouctou, pour le cantonnement de leurs bandits armés.

Sécurisation du nord : quel avenir pour la Minusma ?

On le sait depuis le début, c’est la France, avec son opération Serval, qui libéré le nord malien de la présence des groupes armés terroristes jihadistes. Commencée par des frappes aériennes à Konna qu’Iyad Ag Ghaly et ses bandits se proposaient de dépasser pour descendre vers le sud, notamment Bamako, l’opération Serval est ensuite intervenue au sol, déployant environ 3500 hommes qui sont parvenus à prendre le contrôle des trois régions du nord du Mali, avec l’aide efficace et redoutable des troupes tchadiennes. Bien qu’intervenant avec la bénédiction des Nations Unies, la France et le Tchad devaient pouvoir compter sur les forces de la Minusma (Mission des nations unies pour la stabilisation du Mali). Mais sur les 12 000 soldats prévus, à peine 5500 sont arrivés au Mali, la Force en attente se faisant toujours attendre, les pays africains peu enclins à honorer leurs engagements. Or la France a prévu d’alléger son dispositif, ne laissant plus qu’un millier de soldats à la fin de l’année. Quant à ses plus efficaces auxiliaires, les Tchadiens, plus de 160 parmi eux auraient décidé de déserter faute de primes et de vacances. Ils ont quitté Tessalit et rejoint Gao avec armes et bagages, et auraient décidé de se venger sur la bête.

Les jihadistes, déjà contents de savoir par leurs relais locaux que les autres soldats de la Minusma passent plus de temps à courir les jupons et à faire la causette aux jeunes filles qu’à réviser leurs manuels de commandos, le seraient encore plus lorsque la force onusienne sera réduite à sa portion la plus congrue.

C.T

Le Prétoire du 24 Septembre 2013