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Infanticide : un médecin, un boucher et une élève…

Auteurs d’un odieux crime d’infanticide, un médecin, une élève et un apprenti boucher séjournent présentement à la Maison d’arrêt de Gao. C’est le lundi 10 mars aux environs de 18 h que les résidents des alentours du Stade municipal Kassé Kéita ont fait la découverte macabre du corps sans vie d’un bébé.

Un médecin de l’hôpital régional de Gao, contrairement à la loi et à la déontologie de son métier, a fait avorter F. T., une élève âgée de 19 ans. Selon les témoignages recueillis, F. T. était pratiquement à terme. « La fille était à 7 mois de grossesse, les avortements sont courants ici à Gao. La police et les autorités sanitaires de la région doivent davantage travailler de concert pour lutter contre le phénomène », a révélé un animateur de Radio Nataa.

L’auteur de la grossesse, M. K., un apprenti boucher aurait joué un rôle important dans l’affaire. Les trois auteurs de ce forfait sont écroués en entendant leur jugement au cours duquel, espèrent les Gaois, une sanction exemplaire leur sera infligée.

Politique : la reconstitution de l’Adéma en questions

L’actualité politique à Gao est dominée par la reconstitution de l’Adéma le parti majoritaire dans la tourmente suite à l’exclusion pour « indiscipline » de certains militants de taille. Dans la Cité des Askia comme sur le plan national d’ailleurs, il est question aujourd’hui du retour des exclus d’hier qui bénéficient de la confiance de la majorité des militants.

L’ancien député Arboncana Boubèye Maïga et d’autres caciques au nombre desquels certains conseillers municipaux exclus du parti en novembre 2007, restent populaires. Arboncana Boubèye Maïga que nous avons rencontré sur place révèle que le parti conditionne leur retour à la rédaction d’une « lettre d’excuse » qu’ils doivent adresser au parti. « Nous n’allons pas nous plier à cette exigence. Nous sommes et demeurerons toujours militants de l’Adéma. Aujourd’hui c’est le parti qui a besoin de nous, donc ceux qui nous ont exclus doivent bien réfléchir pour bien agir », a-t-il conseillé.

Vol de bétails : un phénomène récurrent

Kader Touré, journaliste-animateur, très populaire dans la Cité des Askia indique que le vol de bétails devient à Gao une casse-tête chinois hypothéquant du coup la paix en pourrissant les rapports sociaux.

Au cours de leur mission de restitution des résultats des sessions parlementaires, les élus de la 7e région, selon M. Touré qui a pris part à cette mission, ont été interpellés par les éleveurs. « Si les députés sont réellement à l’Assemblée nationale pour nous, ils doivent prendre au sérieux nos difficultés. Nous n’avons rien à faire avec les résultats de sessions parlementaires qui n’abordent nulle part nos vrais problèmes », a regretté Mohamed Sahalia, éleveur de bovin à Labbezanga.

Enseignement : pour améliorer le niveau des élèves

Le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique, Amadou Touré, a lui-même reconnu au cours d’une conférence de presse que « le niveau des élèves et étudiants est exécrable ». Consciente de cette réalité, une association des ressortissants de Gao dénommée Amma (qui signifie Dieu en dogon) s’est attaquée à la problématique en organisant des cours de rattrapage et de mise à niveau à l’intention des élèves de la 6e et de la 9e année de la Commune urbaine de Gao.

Ainsi, les samedis matins, les jeudis et mercredis soirs, les élèves de la Cité des Askia prennent d’assaut les établissement scolaires donnant l’impression des jours ordinaires où les cours sont dispensés normalement. Le représentant d’Amma à Gao a informé que 12 millions de F CFA sont prévus pour l’organisation des cours de mise à niveau des élèves, une action qui vise à les préparer pour de meilleurs résultats au CEP et au DEF.

Rassemblées par Amadou Waïgalo(envoyé spécial)

19 Mars 2008.