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Le procès du leader du mouvement de contestation né il y a un an dans le nord du Maroc, Nasser Zefzafi, a brièvement repris mardi devant la justice à Casablanca (ouest) avant d’être à nouveau ajourné. La défense et les parties civiles ont plaidé pour un report, préférant attendre que la justice se prononce sur une éventuelle jonction des affaires concernant les prévenus du Hirak – la « mouvance » en arabe, nom donné localement au mouvement de contestation populaire dans la région du Rif. La Cour d’appel de Casablanca est chargée de juger en première instance un total de 54 prévenus: un groupe de 32 militants –dont Nasser Zefzafi–, un autre groupe de 21 prévenus et un journaliste, Hamid El Mahdaoui, directeur du site d’information « Badil ». Ces différents procès ont déjà été renvoyés plusieurs fois à la demande de la défense. Nasser Zefzafi, un chômeur de 39 ans devenu le visage du mouvement social qui agité la région du Rif pendant plusieurs mois pour réclamer son désenclavement et davantage de développement, comparaissait mardi pour la seconde fois avec ses co-accusés. Les débats devaient reprendre alors que le roi du Maroc vient de limoger plusieurs ministres et hauts responsables pour les retards du programme de développement de la ville d’Al-Hoceïma, épicentre de la contestation née après la mort tragique d’un vendeur de poisson broyé dans une benne à ordures, le 28 octobre 2016. « Ces jeunes ont présenté des demandes justes, le roi Mohammed VI a révoqué des ministres pour leurs responsabilités (…), il leur a ainsi donné raison », a plaidé mardi un des avocats de la défense. Les prévenus sont poursuivis pour différents motifs, parfois mineurs, parfois très graves.AFP