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Dans ce monde actuel qui vit l’ère de la mondialisation et de la communication, tout être humain ou structure (politique, économique, culturel, sociale…) qui s’obstine à ne pas suivre le pas risque de suivre… sa perte.

De nos jours, ils sont très rares, les citoyens (même parmi les cadres et autres intellectuels de l’administration malienne, à fortiori les populations) qui possèdent, ne serait-ce qu’une petite notion de la définition, des rôles et missions de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM).

Pourtant, ces responsabilités de la BRVM sont essentielles, voire capitales pour la relance, sinon le développement conséquent de l’économie d’un pays. Et le constat, c’est qu’à la longue (avec le temps), et l’Etat, et les entités financières et économiques (opérateurs, sociétés…) seront contraints, pourrait-on dire (du fait des futures contingences économiques) à en arriver à adhérer à la Bourse.

C’est ce que les plus hauts responsables de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières a tôt fait de comprendre, en manifestant leur disposition à composer et tisser des relations plus serrées de partenariat, non seulement avec les professionnels des médias, mais aussi avec l’Etat (à travers le département de l’Economie et du Commerce, entre autres), le Patronat, les opérateurs économiques…

La détermination des responsables

C’est dans ce cadre que, du Directeur Général, M. Jean-Paul Gillet, au Président du Conseil d’Administration (PCA) de la BRVM, M. Tiémoko Yadé Coulibaly, en passant par le Directeur de l’Antenne Nationale de Bourse du Mali, M. Amadou Djéri Bocoum, le Chargé de Développement du Marché Financier, M. Kassim Diop, et le Responsable des Etudes et de la Négociation à la Société de Gestion et d’Intermédiation du Mali (SGI-Mali, une structure travaillant avec la BRVM), M. Alassane Sissoko, …tous sont déterminés à œuvrer pour une très large diffusion du rôle de la BRVM au sein de l’espace UEMOA, particulièrement au Mali.

A l’heure actuelle, trois sociétés maliennes sont déjà cotées à la BRVM : la Banque Nationale de Développement Agricole (BNDA), la Banque de l’Habitat du Mali (BHM), et la Société d’Equipement du Mali (SEMA-SA). Et bientôt, l’Agence de Construction Immobilère (ACI) fera partie du lot. Ces adhésions à la BRVM ne sont pas étrangères à la politique incisive initiée depuis lors, par les responsables de la Bourse.

Aussi, le D.G. de la BRVM ne s’est pas trompé, qui déclare :Il faut inciter les opérateurs économiques à venir vers nous, en suscitant leur libre adhésion et leur volonté de venir vers nous, avec l’appui et la collaboration du Patronat et du ministère de l’Economie et du Commerce. Ainsi, petit à petit, et au bout de deux ans peut-être, ils seront mieux disposés à travailler avec nous“.

Présentation générale du Marché Financier Régional

Le concept de base du Marché Financier régional repose sur deux aspects : les composantes du marché des capitaux (ensemble des biens, monétaires ou autres, possédés par une personne ou une entreprise, constituant un patrimoine et pouvant rapporter un revenu), et les marchés primaire et secondaire.

Suivant les besoins, le marché des capitaux se divise en deux marchés : le marché monétaire, qui gère les besoins de financement à court terme ; et le marché financier qui se charge des besoins à moyen et long terme.

Le marché primaire relève du domaine de l’Appel Public à Epargne (APE), dit “marché du neuf”, sous l’autorité du Conseil Régional de l’Epargne Publique et du Marché Financier (CREPMF). Quand au marché secondaire, qui est du domaine des transactions boursières -dit “marché de l’occasion“- il est sous la supervision de la BRVM et du Dépositaire Central-Banque de Règlement (DC/BR).


Organisation

Le Marché Financier régional concerne 8 pays de l’espace UEMOA -le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo-, pour une population de 84 millions d’habitants. Son organisation se répartit en deux pôles : un pôle Public qui constitue le CREPMF, l’organe de Contrôle et de Régulation du Marché, placé sous l’égide du Conseil des Ministres de l’UEMOA ; et un pôle Privé, qui se repartit en deux structures placées (bien sûr) sous le contrôle du CREPMF : les structures Centrales du Marché et les Intervenants Commerciaux.

Les structures Centrales du Marché (pôle Public) sont la BRVM et le DC/BR, les deux regroupant 7 Antennes Nationales de Bourse (ANB). Quant aux Intervenants Commerciaux (pôle Privé), ils sont concernés par la Société de Gestion et d’Intermédiation (SGI), une structure qui rassemble 21 Sociétés de Gestion et d’Intermédiation et d’autres petites structures : entre autres, une Banque Conservateur, des Apporteurs d’Affaires… Toutes ces structures et sous-structures font partie d’un ensemble solidairement soudé.

Les organes du Marché Financier Régional (appelons-le MFR) sont la BRVM et le DC/BR. Ses statuts : les Institutions Financières Spécialisées constituées sous forme de Sociétés Anonymes (SA) dotées d’une mission de service public communautaire. Ses missions (du côté de la BRVM) : la cotation et la négociation des valeurs mobilières, l’information sur les transactions, la publication des informations boursières, et la promotion du marché. Ses missions (du côté du DC/BR : la conservation dématérialisée, la circulation scripturale, le règlement et la livraison, et la mise en action du Fonds de garantie. Les financements de la BVRM et du DC/BR : les commissions sur la prestation de service rendu aux SGI, aux émetteurs et aux investisseurs.


Fonctionnement

Ce fonctionnement est relatif au mécanisme d’admission en bourse et de passation des ordres. Le système consiste à choisir un intermédiaire (la Société de Gestion et d’Intermédiation) et à ouvrir un compte auprès de cette SGI ou auprès d’un Conservateur. Pour être admis en bourse, il faut préparer et constituer un dossier, qui passe par un système d’analyse et de transmission, avant d’être introduit à la BRVM. Quant à la passation des ordres, il consiste en l’acheminement des ordres d’achat ou de vente à la SGI, et à la saisie de ces ordres.

La procédure d’introduction en bourse suit un parcours bien déterminé : la préparation du dossier (choix d’une SGI), sa constitution (documents d’information sur la société demandeuse), son dépôt à la BRVM, l’avis du Conseil d’Administration de la BRVM, le droit de veto du CREPMF, la notification de la décision à la SGI, la date d’introduction à la cote, la détermination du symbole à la cote. Tout ce processus est appelé “cérémonie d’introduction“.

Au niveau de la BRVM, le fonctionnement a trait au déroulement de la séance de bourse dite ”en Cotation Electronique Décentralisée” qui a lieu au niveau de la SGI, des antennes nationales et des pays membres de la BRVM. Signalons que la saisie des ordres désigne l’étape pendant laquelle les SGI transmettent lesdits ordres au système de négociation. Et que la cotation désigne l’étape pendant laquelle ce système de négociation établit le cours auquel se feront toutes les négociations sur une valeur donnée : cette méthode est appelée “fixing“.

La séance de bourse s’étend de 8 heures à 13 heures. De 8 H à 8H30 (30 minutes), c’est le temps de la préparation du marché dit “pré-ouverture“. De 8H30 à 10H45 (15 minutes) ont lieu la saisie et la vérification des ordres de bourse : c’est la séance de bourse proprement dite. De 10H30 à 10H45 (15mn), c’est le “fixing “ dont il a été question. De 10H45 à 13H, c’est l’impression des rapports de transactions, les avis, communiqués, etc : c’est le temps dit “post-marché“, au terme duquel se fait la clôture de la séance.


Indices et indicateurs d’appréciation d’un titre coté

Par indices boursiers, il faut sous-entendre les indicateurs des mouvements de l’ensemble des titres. il y a deux indices majeurs : BRVM 10, qui est composé des 10 sociétés les plus actives du marché boursier régional ; et BRVM Composite, qui est formé par toutes les sociétés cotées à la Bourse Régionale.

Quant aux indicateurs, ils ont trait, d’une part, aux volumes et valeurs des transactions, d’autre part, à la capitalisation boursière. Les volumes représentent le nombre total d’actions et d’obligations, au cours de la séance de cotation. Ce nombre est obtenu en additionnant le volume enregistré sur chacune des sociétés et des lignes obligataires. L’équivalent en valeur monétaire constitue la valeur des transactions : ce qui n’est pas à confondre avec la capitalisation boursière.

Cette dernière indique le poids d’une société dans l’ensemble du marché. En effet,la capitalisation boursière est obtenue par le produit du nombre total d’actions (le capital) de la société par son cours en bourse. Par conséquent, la capitalisation boursière du marché des actions de la BRVM est obtenue en additionnant les capitalisations boursières de chacune des sociétés inscrites à la cote. A chaque séance de cotation, cette capitalisation est publiée dans le Bulletin Officiel de la Cote.

Mais comment s’y prendre pour apprécier un titre coté? Par une approche boursière qui consiste à évaluer ledit titre à partir d’indicateurs boursiers. Et quels sont ces indicateurs? Il s’agit du Ratio Cours-Bénéfice dit (en anglais) Price-Earning Ratio (PER) : c’est le rapport entre le cours de l’action d’une société et son bénéfice net par action, un rapport qui indique en combien d’années le bénéfice rembourse le prix de l’action.

Il s’agit également du rendement en dividende, le taux de rendement étant le taux de rémunération du capital investi en action. C’est le rapport du dividende par action sur le cours du titre, avant la distribution dudit dividende. Un rapport qui permet de comparer le rendement de l’action concernée avec celui des autres placements (compte d’épargne, obligations, etc).

Il s’agit enfin du gain en capital, la plus-value étant la différence positive entre le prix d’achat d’un titre et son prix de vente : bref, il s’agit du gain réalisé par un investisseur en vendant son titre. A la bourse, cette plus-value reste potentielle tant que l’investisseur n’a pas encore vendu son titre.


Des exigences règlementaires de l’information

En matière de diffusion de l’information boursière, les Articles 847, 848 et 849 de l’OHADA stipulent que “les sociétés dont les titres sont inscrits à la Bourse des valeurs doivent publier dans un journal habilité à recevoir des informations financières clairement définies. L’Article 132 relatif à l’organisation au fonctionnement et au contrôle du Marché Financier Régional définit que “lorsque des faits nouveaux, de nature à avoir une incidence sur le cours d’un titre coté, sont intervenus, l’émetteur assure à sa charge, de manière la plus large possible, la diffusion de l’information dans le public, et ce, dès qu’il en a connaissance“.

Quant à l’article 3, il indique que “les sociétés dont les titres sont cotés à la BRVM sont tenus de publier, au Bulletin Officiel de la Cote et dans un journal habilité à recevoir des annonces légales, sous forme de communiqués de presse, toute information susceptible d’influer le cours de leur titre“. La nature et la qualité de l’information étant des facteurs primordiaux pour l’efficience de toute place boursière, les acteurs du Marché Financier Régional doivent disposer d’une information fiable et la plus fondée possible, pour jouer pleinement leur rôle.

A l’image de la société cotée et des mesures de politiques économiques et sociales mises en œuvre par les pouvoirs publics, les décisions des investisseurs dépendent fortement de la qualité de l’information disponible. Concernant particulièrement la Bourse -qui est le baromètre de l’économie moderne-, l’information doit répondre à des critères d’objectivité, de fiabilité et d’exactitude.

Ce qui paraît important pour le Marché Financier, c’est que l’information financière gouverne les marchés et contribue à leur efficience. Les récents dysfonctionnements constatés sur les Marchés Financiers ont révélé une grave crise de l’information financière et comptable, et ont fini de convaincre sur l’importance d’une information fiable et de qualité sur un marché financier. Ce furent les cas de ENRON aux Etats Unis, de Parmalat en Europe, de la Société Générale en France…


Son importance pour les investisseurs, émetteurs et autorités

Le cours de la Bourse traduit l’ensemble des jugements que portent les investisseurs -c’est-à-dire les vendeurs et acheteurs- à l’instant dit “T” sur les sociétés dont ils négocient les valeurs. Ainsi, l’achat d’une valeur est, en principe, un pari sur une possibilité de la société qu’elle représente.

A l’inverse, indépendamment des besoins extrêmes d’argent liquide pouvant justifier une vente sans analyse objective, la cession d’une valeur traduit la crainte d’une dévaluation. Les informations nécessaires à ce type de décision concernent l’économie du pays et l’environnement des Entreprises.

Ainsi, toutes les informations à caractère stratégique, social, humain et financier, portant sur une société, permettent aux investisseurs de décider d’acheter, de conserver ou de vendre le titre d’une société, et de ce fait, influencent le cours du marché. Signalons que ces mêmes informations sont à la base des analyses et conseils prodigués par les SGI.

Pour les émetteurs, l’importance de l’information boursière a trait à la notoriété, la transparence et la bonne gouvernance d’une entreprise donnée. La Bourse étant aussi une vitrine de l’économie, le choix des investisseurs influence le cours de la société cotée et affecte l’image de la société sur le marché.

L’évolution des cours servira de référence pour apprécier, entre autres, la valeur du produit sur le marché, les perspectives de la société, la notoriété de l’entreprise dans son secteur, la grande ou faible crédibilité des organes de gestion, l’engouement des investisseurs pour les futures opérations d’appel public à l’épargne. Les émetteurs ont donc tout intérêt à donner l’information, à confirmer ou démentir les rumeurs, et à jouer la transparence.

Tout comme pour les différents secteurs du marché, l’information boursière est un outil de décision et d’appréciation au service des Autorités. Elle constitue un indicateur permettant de faire des choix d’ordre économique et social : modification du taux d’intérêt, incitation à la demande…

Pour être aux faits de toutes ces informations, l’acteur de la Bourse se doit enfin de consulter le Bulletin Officiel de la Cote qui est publié à chaque séance de cotation et qui résume l’activité boursière du jour, en indiquant le niveau des indices, les cours des titres négociés, les volumes et valeurs transigé, et bien d’autres indicateurs-clés du marché.


Rassemblées par Oumar DIAWARA

04 Novembre 2008