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Le Comité Exécutif de l’ADEMA s’est réuni le mercredi 29 novembre, à Bamako-Coura, en séance peu ordinaire. L’ordre du jour portait sur le mouvement Convergence 2007, lancé samedi 25 novembre par l’Association des amis de Soumeylou Boubèye Maiga (ASMA). Au cours de trois heures de débats intenses, Dioncounda Traoré et ses camarades ont décidé de sanctionner quatre membres de la direction du parti pour leur participation au grand meeting de l’ASMA, en attendant que la Conférence nationale, prévue pour la mi-janvier, statue sur leur radiation. Il s’agit du premier vice-président Boubèye, du secrétaire à l’environnement, Issa Diarra, du secrétaire en charge des Maliens de l’extérieur, Oumar Ag Almihidi et du secrétaire à l’organisation, Ibrahim Kantao. Approché par nos soins, Boubèye estime que la décision est contraire aux statuts du parti et qu’il se battra contre cette mesure, y compris par voie judiciaire.

Suite à la décision du Comité Exécutif de l’ADEMA, prise dans la soirée du mercredi 29 novembre, de sanctionner le premier vice-président, Soumeylou Boubèye Maiïga pour «indiscipline», nous avons approché l’intéressé pour recueillir ses sentiments.

D’entrée de jeu, il a été catégorique : «la décision est nulle et non avenue. Elle n’a aucun fondement statutaire. En effet, l’article 90 traite de la sanction d’exclusion d’office. Elle intervient notamment en cas de détournement attesté de fonds du parti ou de deniers publics, d’actes avérés de spéculation foncière, de faire acte de candidature contre un candidat ou une liste de candidats investis par le parti, de soutenir un candidat ou une liste de candidats autre que celui ou celle investie par le parti. A l’heure actuelle, il n’y a aucun candidat investi par le parti, a fortiori que quelqu’un soutienne un candidat autre que ce dernier. La décision n’a aucun fondement statutaire».

Avant d’ajouter que «même si l’on se réfère à la résolution de la Conférence nationale de novembre 2005 qui prévoit de transformer le soutien politique à ATT en soutien électoral s’il est candidat, et de mettre cette décision en conformité avec les textes du parti, nous disons que ATT n’est pas candidat et aucune disposition n’est prise pour l’adaptation de nos statuts à cette nouvelle donne dans la mesure où le congrès a été reporté. S’il y a des gens dans l’illégalité, ce n’est pas nous. En outre, si c’est parce que nous avons lancé notre Mouvement Convergence 2007 qu’une telle décision a été prise, elle jure avec nos textes. Nous ne contrevenons à aucune disposition statutaire, ni légale d’autant plus que la plupart des membres de la direction du parti animent des mouvements d’orientation différente avec le nôtre en relation avec les élections de 2007 (plébiscite 2007, Takoklen, Grap, Cosat..). On a même vu certains falsifier l’emblème du parti en remplaçant l’abeille par la photo d’ATT».

Par ailleurs, Soumeylou Boubèye Maïga estime que cette décision s’inscrit naturellement dans la logique de gage et d’allégeance permanente à ATT. Cependant, il a laissé entendre que «nous combattrons cette mesure jusqu’au bout, y compris par la voie judiciaire».

Très engagé, notre interlocuteur soutient que rien ni personne ne peut modifier ni son programme, ni son calendrier encore moins sa détermination et qu’il continuera à travailler avec la base du parti. «Nous n’avons aucune leçon de militantisme, de respect des fondements du parti à recevoir de la part des gens dont certains sont allés se promener hors du parti pendant des mois, voire plusieurs années, quand ils ont estimé que cela arrangeait leurs intérêts personnels. Et en tout état de cause, toute cette affaire sera tranchée par les militants et citoyens. Pour l’instant, j’adresserai une lettre à tous les militants, à tous les députés, conseillers nationaux, conseillers communaux du parti pour leur faire part de la violation de nos textes et expliquer les enjeux de la situation» a t-il conclu.

Rappelons qu’en 2002, le Comité Exécutif avait radié El Madani Diallo, Mandé Sidibé et le groupe des dix, dirigé par le 2è vice-président, Iba N’Diaye, qui avaient battu campagne contre le candidat investi du parti, Soumaïla Cissé.

Quelques mois après, le même Comité Exécutif a couru derrière ces gens-là pour leur demander de réintégrer l’ADEMA. Boubèye subira t-il le même sort ?

On peut en douter dans la mesure où sa logique politique actuelle est bien différente des cas précédents.

Chahana TAKIOU

1er décembre 2006.