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« Je pense qu’il faut revoir les critères de sélection des films en compétition au risque de nous sentir pénalisés »

Réalisateur à l’ORTM, Boubacar Sidibé en est à sa quatrième participation au Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou (Fespaco). Dans cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder, Boubacar évoque, entre autres, ses impressions par rapport de cette présente édition et ses projets d’avenir. Il souhaite que cette rencontre des professionnels du cinéma africain se professionnalise davantage à chaque édition. Il estime, par ailleurs, que beaucoup reste à faire sur le choix des films en compétition

L’Indépendant : C’est votre quatrième participation au Fespaco ?

Boubacar Sidibé : Effectivement, c’est ma quatrième participation au Festival Panafricain du cinéma de Ouagadougou (Fespaco). Je suis venu à ce festival pour la première fois en tant que cameraman et j’étais avec l’actuel Directeur du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM) Moussa Ouane.

Nous devions réaliser alors un documentaire pour représenter l’ORTM parce que les organisateurs avaient demandé à toutes les télévisions de réaliser un reportage complet sur le Fespaco. Ces reportages ont été diffusés sur TV5 et CFI. Après, je suis venu en 2001 avec deux courts métrages à savoir « Tronkélé » et « les aventures de Seko ». Ce dernier a été primé meilleur film de fiction dans la série TV et Vidéo professionnel. Tandis que « Tronkélé » a été mis en panorama.

En 2003, je suis venu avec deux autres films « Sanoudjè » et « Fantan ni monè ». « Sanoudjè » a été également primé meilleur film de fiction et « Fantan ni monè » a eu le prix UEMOA de l’intégration.

En 2005, nous avons eu le premier prix en série télévisée avec « Sidagamie », un film burkinabé dont j’ai été le conseiller artistique.

Cette année, je suis conseiller artistique du film « Faro, la reine des eaux  » de notre compatriote Salif Traoré qui est en compétition dans la catégorie des longs métrages. Nous espérons enlever l’Etalon de Yennenga.

Vos impressions à quelques heures de la fin du Fespaco ?

Je pense que ce festival se professionnalise à chaque édition. Il y avait beaucoup d’aspects que nous ne maîtrisions pas auparavant. Les problèmes de logements se posaient de façon récurrente. Maintenant, les organisateurs commencent à avoir une approche professionnelle. Aujourd’hui, nous avons des contacts et des ateliers qui s’organisent autour des projections de films. Ces activités sont vraiment propices pour nous les professionnels du cinéma.

Vous avez deux films au Fespaco ?

Le principe du Fespaco est d’envoyer les films. Il y a une commission nationale d’organisation qui est là pour les visionner. Ce sont les membres de cette commission qui choisissent les films.

J’ai envoyé deux films dans la compétition série télé, qui ont été appréciés au niveau national. Il s’agit du « Le fou du village » et « Dou, la famille ». Malheureusement, je ne sais pas jusqu’à présent si ces films ont été retenus ou pas.

C’est un peu le hic du Fespaco. Il faut que les organisateurs revoient la sélection des films au plan national. Il faut que d’autres structures internationales soient impliquées pour le choix des films en compétition. Nous nous sentons pénalisés. Je considère comme scandaleux le fait de ne pas montrer au public le film de quelqu’un qui a été déjà doublement primé au Fespaco

Mes deux films n’ont pas eu la chance d’être projetés pour le public. Ces films ont été, en revanche, pris en compte au Marché International de la TV et du Cinéma Africains (MICA). Il s’agit des gens qui veulent payer les films.

Cela profite aux producteurs alors que nous (les réalisateurs) voulons qu’on parle de nos films.

Avez-vous eu des contacts avec certains partenaires ?

Les partenaires, pour donner de la visibilité à leurs actions, organisent des rencontres pour que les cinéastes et les réalisateurs connaissent davantage leur travail.

Nous avons eu des contacts avec la Coopération française, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et Africalia. Ces structures nous ont proposé des actions que nous allons examiner.

Quels sont aujourd’hui vos projets ?

Mon projet dans le court terme, c’est la continuation de « les Aventures de Séko« . Nous essayons de réaliser une cinquantaine d’épisodes de cette série. Nous avons une autre série en chantier. C’est l’histoire des Rois de Ségou. Une série qui se déclinera en une quarantaine d’épisodes.

A quand le début de la suite de »les Aventures de Séko » ?

Nous sommes en phase de recherche de financement. Sinon l’ORTM est prête à mettre du matériel et des hommes à notre disposition.

Peut-on avoir une idée sur le budget ?

Nous estimons qu’il faut 5 millions de FCFA par épisode. Alors que nous avons besoin de 52 épisodes.

Propos recueillis par Alou Badra HAIDARA

02 mars 2007.