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Boubacar Monzon Traoré, le président de la ligue de football de Bamako situe les enjeux du championnat d’honneur dont la 2e édition a pris fin avec le sacre du CSK.


Les Echos : Quelle nécessité y a-t-il à mettre en place une compétition comme le championnat d’honneur ?


Boubacar Monzon Traoré :
Nous avons mis cette compétition sur pied afin de permettre aux joueurs de la Ligue 1 d’être en jambes et compétitifs pendant toute la saison. Il fallait cette compétition pour permettre aussi aux joueurs qui reviennent de blessures d’avoir l’occasion de s’exprimer.

Cette compétition a été donc imaginée pour permettre aux joueurs de la L1 d’être des titulaires potentiels comme ce fut le cas de beaucoup de joueurs qui ont davantage de chance de retrouver leur forme en milieu de saison.
Sur un tout autre plan, la compétition avait un intérêt, il s’agissait de faire disparaître l’animosité qui existe entre certains clubs. Personne n’ignore le cas Djoliba/Stade malien de Bamako.

Et avec cette compétition les clubs, en l’occurrence le Djoliba et le Stade se fréquentent, se parlent. Les supporters des deux équipes se rendrent sur terrain adverse pour suivre le match. Ce qui n’était pas possible il y a deux ans. Aujourd’hui, avec cette compétition ce tabou est levé. Et la lutte contre ce phénomène était mon combat personnel.


Les Echos : Quelle est votre impression après les deux premières années de la compétition ?


B. M. T. :
Je suis satisfait du niveau. Après la première édition, nous étions cette année à la 2e édition et je vous avoue que les deux nous ont permis de voir et mesurer le chemin parcouru. Le plus important n’est nullement le résultat mais la prestation d’ensemble des équipes et surtout la fête des supporters.

J’ai une bonne impression de la compétition. L’année dernière nous avions avec les 9 clubs de D1 fait le tournoi avec deux poules : cinq équipes dans une poule et quatre dans l’autre. Après il y a eu le carré aux termes duquel le Djoliba a été sacré champion. Cette année, malgré le coût exorbitant de la poule unique, nous avons eu entière satisfaction d’autant plus que le champion a été désigné à deux journées de la fin de la compétition. Le CSK puisque c’est de lui qu’il s’agit fut un beau vainqueur.

Les Echos : Comment s’est faite la mise en place de ce championnat ?


B. M. T. :
Nous avons sondé le terrain avant de le lancer. Ensuite, nous avons mis une commission de réflexion. Les différents échanges que nous avons eus avec les 9 clubs de la Ligue 1 de Bamako nous ont permis de savoir que les clubs, dans leur intégralité, étaient demandeurs.

Ils ont adhéré au projet et apporté leur contribution à sa réalisation par le payement d’une somme de 200 000 F CFA. Par la suite, la Ligue, sans le concours de quelque sponsor que ce soit, a organisé le reste. Mais, déjà nous sommes à la recherche de sponsors. Entre-temps nous avons acheté une coupe que nous venons d’offrir au champion, le CSK.

Les Echos : Quel bénéfice tire la Ligue 1 de cette initiative ?


B. M. T. :
La Ligue 1 est la grande gagnante de cette opération. Figurez-vous que pour une équipe ayant un joueur qui revient de blessure, le championnat d’honneur lui permet de retrouver le rythme de la compétition. Avant, les clubs mettaient immédiatement le joueur dans le bain.

Mais avec cette compétition, ils apprécient leur niveau de forme avant qu’ils n’intègrent l’équipe fanion.
Pour les joueurs blessés, il était difficile de connaître leur réaction. Dorénavant, une tribune est offerte à l’encadrement technique pour pouvoir les voir à l’œuvre.

Mieux, l’opération a créé l’humanisme entre les clubs qui se tolèrent. Des supporters dans un même stade, sur une même tribune sans grille de séparation, ni service de sécurité, échangent dans le fair-play. Je pense que ce championnat nous aidera beaucoup à cela. Et vivement la fin de l’animosité entre les supporters et clubs.

Propos recueillis par

Boubacar Diakité Sarr

15 Juillet 2008