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A l’issue d’un voyage d’étude et d’information aux USA sur le thème «Transparence et bonne gouvernance» organisé par le Bureau des Affaires éducatives et culturelles du département d’Etat des Etats-Unis du 31 mars au 18 avril 2008, quinze leaderships Africains communément appelés «les visiteurs internationaux» provenant de l’administration publique, de la société civile et des médias du Bénin, du Burkina Faso, du Burundi, du Mali, du Cameroun, du Tchad, de la Côte d’Ivoire, de la République Démocratique du Congo, de Madagascar, du Niger, de Sao Tomé et Principe et du Sénégal ont décidé de mettre en place une organisation non gouvernementale panafricaine non partisane et indépendante dénommée : «Réseau Africain pour la bonne gouvernance» (African Good Gouvernance Network), RAG/AGG en sigle.

L’objet principal de ce réseau est d’étudier et de mettre en place les stratégies appropriées pour lutter contre la corruption sous toutes ses formes et de militer pour le contrôle citoyen dans la gestion de la chose publique en Afrique ; de mener campagne sur la bonne gouvernance et la transparence avec les programmes qui favorisent l’éducation à la citoyenneté responsable et le patriotisme par la promotion des droits humains et enfin de collaborer de manière étroite avec tout partenaire engagé sur cette thématique. Son baptême a eu lieu dans la ville de Portland, capitale économique de l’Etat d’Oregon aux Etats-Unis.

Les quinze visiteurs internationaux provenant de douze pays africains ont profité de la réunion d’évaluation du Programme du Leadership des visiteurs internationaux pour annoncer la bonne nouvelle à la représentante du département d’Etat Américain, Kim Jenkin et à celui du Méridien International Center, David Paulson, organisateur principal du Programme.
Au cours de cette cérémonie, riche en couleurs, les visiteurs internationaux sélectionnés cette année dans le cadre du Programme «Transparence et bonne gouvernance» ont aussi tenu à faire une déclaration dite «Déclaration de Portland».

S’appuyant en effet sur tous les actes, conventions, protocoles et initiatives auxquels ont adhéré nos pays respectifs pour promouvoir la bonne gouvernance et la transparence ; vu l’état de pauvreté dans lequel sont plongés nos pays en dépit des ressources naturelles et intellectuelles dont ils regorgent ; conscients que la réduction de la pauvreté dépend pour une large part du niveau de bonne gouvernance, de transparence et de respect des droits humains ; convaincus que la mauvaise gouvernance et la corruption ne favorisent pas le développement et empêchent l’humanité d’atteindre les objectifs du millénaire pour le Développement (OMD) et conscients enfin de nos responsabilités actuelles et futures, les visiteurs internationaux africains demandent aux partenaires en général et au gouvernement américain en particulier : que la coopération au développement entre les Etats et les institutions internationales soit basée sur les indicateurs objectivement vérifiables favorisant la bonne gouvernance et la transparence ; d’appuyer moralement, matériellement et financièrement le RAG/AGG et ses animateurs dans son combat contre la corruption en Afrique ; de militer pour la mise en place d’un cadre multilatéral tenant compte des enjeux socio-économiques et politiques au monde en général et en Afrique en particulier.

Ils exigent en outre de la communauté internationale l’ajustement de politique des institutions à nos réalités profondes et la certification de tous les produits ou ressources naturelles venant de l’Afrique. Ils ont enfin lancé un appel pressant à nos gouvernants de mettre en œuvre les principes et les mécanismes de promotion de la bonne gouvernance en acceptant le contrôle citoyen et l’alternance politique dans l’intérêt suprême de nos populations ; à la communauté internationale d’appliquer les dispositions de la proclamation des chefs d’Etats du 12 janvier 2004 des pays du G8 empêchant l’entrée dans leurs pays des personnes impliquées dans la corruption.

Birama Fall

Visiteur international aux USA

24 avril 2008.