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On se bouscule déjà aux portillons du Secrétariat général de la présidence de la République pour déposer différentes candidatures sous pli fermé en vue de se faire recruter par l’Etat malien comme 2ème Vérificateur général de l’histoire du Mali moderne. Le successeur de Sidi Sosso Diarra, le pionnier de cette institution phare de la lutte contre la corruption au Mali, sera connu en fin février prochain. On devrait, selon certains pronostics, avoir une cinquantaine de postulants au prestigieux poste (meilleur salaire du secteur public national) occupé par Sidi Sosso Diarra, un homme de poigne qui fera ses valises en mars prochain.

Le texte fondateur du Bureau du Vérificateur général (BVG) au Mali est la loi N° 03-030 du 25 août 2003. Elle confère au BVG 3 missions essentielles : « évaluer les politiques publiques à travers un contrôle de performance et de qualité des services et organismes publics et en particulier des programmes et des projets de développement; contrôler la régularité et la sincérité des opérations de recettes et de dépenses effectuées par les institutions de la République, les administrations d’Etat, les collectivités territoriales, les établissements ou tout autre organisme bénéficiant du concours financier de l’Etat, proposer aux autorités publiques les mesures et actions propres à assurer une meilleure adéquation du coût et du rendement des services publics, à rendre plus pertinent l’emploi des ressources et d’une façon générale, à garantir le fonctionnement régulier des organismes et structures publics ».

Le texte dispose que le Vérificateur Général a un mandat unique de 7 ans non renouvelable. Ayant pris fonction en mars 2004, c’est donc en mars prochain que l’actuel Végal, Sidi Sosso Diarra, va passer la main à un nouveau «monsieur lutte contre la corruption au Mali».

Selon nos informations, Sidi Sosso Diarra est impatient de passer le témoin, secoué qu’il est par l’adversité dont il a fait l’objet; notamment de la part des milieux judiciaires. Adversité qui l’a même conduit, pour quelques heures, en prison en 2008.

De sources concordantes, on annonce que des cadres du milieu de la magistrature et de la finance, notamment des experts comptables, ne se font pas prier pour faire acte de candidature, afin de succéder à Sidi Sosso.
On annonce que de hauts cadres du monde bancaire, issus de la riche diaspora malienne en France, au Canada et aux Etats-Unis, s’inscrivent ou envisagent de postuler. Mais, d’ores et déjà, la question qui se pose est de savoir si le nouvel occupant du BVG aura la poigne nécessaire pour continuer la mission de lutte contre la corruption là où le frère de Cheick Modibo Diarra l’a laissée. La question reste posée. Nous y reviendrons.

Bruno SEGBEDJI

06 JANVIER 2011