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Boni, Hombori et Gossi se trouvent à mi-chemin entre Douentza et Gao. Dans ces trois villes, le voyageur régulier perçoit le grand vide laissé par l’administration et les rebelles du MNLA qui avaient, récemment, fait de ces localités, leurs points de contrôle et de racket. Plus personne ne tient ces postes.

En l’absence de l’Etat et des groupes armés, on traverse ces villes comme on franchirait une passoire. C’est chacun pour soi, Dieu pour tous. Les habitants vivent dans l’angoisse car tout peut arriver dans une zone où ne sait pas à qui s’adresser en cas de problème. Ils vivent surtout dans la peur d’une contre-attaque du MNLA qui avait même hissé son fameux « drapeau » à l’entrée de la ville.

A présent, nul drapeau ne flotte et les gens ont repris leur train-train quotidien. Ce mardi 4 septembre, un calme olympien régnait sur la petite ville de Boni tandis qu’à Hombori, c’était le jour de la foire hebdomadaire. Des centaines de commerçants s’étaient donné rendez-vous dans cette ville-carrefour. Maliens et Burkinabé s’occupent tranquillement de leurs affaires, comme par le passé. Ils ne craignent plus d’être rançonnés, comme c’était le cas avec les rebelles-racketteurs du MNLA. Ceux-ci, on se rappelle, ont finalement abandonné leurs positions après les affrontements meurtriers du 27 juillet qui les ont opposés aux islamistes du MUJAO-Ansardine et les jeunes de Gao.

Ayant subi beaucoup de pertes humaines et matérielles, les hommes du MNLA ont du se disperser dans la nature et même au-delà des frontières. Ceux de Gao ont pris la direction du Niger et du Burkina, leurs frères d’armes de Kidal ont tout simplement traversé la frontière algérienne et la dernière poche qui se trouvait à Tombouctou a filé en territoire mauritanien.

ADAMA DIARRA le 25 septembre 2012.

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