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A l’instar de la communauté internationale, notre pays, à travers la Coalition Internationale contre les sous-Munitions (CMC) et ses partenaires tels que l’Amnesty International-Mali a organisé ce samedi 19 avril 2008 une journée mondiale d’action contre ces armes à destruction massive.
C’est dans ce cadre hier qu’il a été organisé une conférence de presse par les représentants de la CMC, assisté par les responsables de l’Amnesty-International au Mali. Il s’agit bien de M. Amadou Maïga du CMC, de M. Saloum D. Traoré, Directeur Amnesty et de M. Abba Touré, Coordinateur du Military Security and Police (MSP) à Amnesty International-Mali. La conférence a eu lieu à la Maison de la Presse.

L’OBJECTIF DE CETTE JOURNEE D’ACTION

Cette journée d’action a pour objectif essentiel d’attirer l’attention de la communauté internationale sur le danger que connaît le monde à travers l’utilisation des bombes à sous-munition. Il s’agit également de faire en sorte qu’il y ait une synergie d’actions des Etats enfin de mieux lutter contre le phénomène.

Pour le continent africain, il s’agit de pouvoir, d’une seule voix dire non à la fabrication de ces bombes à fragmentation. C’est pourquoi, il a été tenu tout récemment du 31 mars au 1er avril 2008, une rencontre à Livingstone, Zambie. Une initiative qui existait déjà depuis le processus d’Oslo lancé en février 2007.

Ont pris part à cette réunion, une délégation malienne composée du Général Naïny Touré et de Seydou Diakité, conseiller aux affaires Etrangères, accompagné du représentant du CMC Mali M. Amadou Maïga.

En effet, selon les conférenciers, l’objectif de cette réunion était de s’assurer qu’un maximum d’Etats africains soient présents à la conférence diplomatique de Dublin sur les bombes à sous-munitions qui aura lieu du 19 au 20 mai prochain. Au cours de laquelle, une interdiction historique sera négociée et conclue entre les différents pays. Ainsi, cette conférence de Dublin aboutira au plus important, le traité de désarmement de cette décennie.

LA POSITION DE L’AFRIQUE

Par ailleurs, selon les conférenciers, les pays africains ont déjà adopté une position ferme pour défendre un traité qui, non seulement interdira l’utilisation, la production, le stockage et le transfert des bombes à sous-munitions, mais également fournira un soutien aux victimes et assurera la dépollution des territoires affectés.

A ce jour, 19 Etats africains ont formellement soutenu la Déclaration de Wellington, qui est la base des futures négociations à Dublin. La même position ferme dans le processus d’Oslo sur la nécessité d’une interdiction globale, sur la base d’une définition des bombes à sous-munitions qui n’autorisent aucune exception.

Les pays africains soutiennent également une obligation renforcée pour les Etats de fournir une assistance à la dépollution et un soutien aux victimes, avec une responsabilité particulière pour les pays qui ont utilisé des bombes à sous-munitions dans le passé.

Leur voix est devenue de plus en plus importante dans les discussions internationales sur les bombes à sous-munitions, et le continent devrait jouer un rôle déterminant lors des négociations à Dublin.

L’AFRIQUE VICTIME

Les bombes à sous-munitions ont été utilisées dans au moins 30 pays et territoires africains, notamment en Ethiopie, au Soudan, en Angola, au Tchad, en Sierra Leone, en République Démocratique du Congo, en Ouganda et en Erythrée, ainsi qu’au Sahara Occidental. L’Egypte et l’Afrique du Sud sont des principaux producteurs de ces bombes à sous-munitions et au moins 14 pays africains stockent ces armes.

Selon les conférenciers, le continent africain a été et demeure ravagé par le fléau des mines antipersonnelles, et en stoppant aujourd’hui la prolifération des bombes à sous-munitions, cet effort mondial fournit une opportunité unique d’empêcher une crise humanitaire encore plus grande.

UNE COALITION ENGAGEE CONTRE CES BOMBES

La Coalition internationale contre les sous-munitions (CMC) est un réseau de plus de 150 organisations de la société civile dans 60 pays, engagés dans la protection des civils des effets des bombes à sous-munitions. C’est pourquoi aujourd’hui, les membres de la CMC travaillent ensemble à une campagne internationale qui appelle les Etats à signer un nouveau traité international interdisant les bombes à sous-munitions d’ici la fin 2008.

Il s’agit également pour les Etats africains de faire la même chose à travers des actions diplomatiques auprès des autres pays à travers le monde pour les amener vers cette signature conventionnelle. A présent, seuls les Etats-Unis et la Chine ne sont pas d’accord pour la convention contre ces bombes à sous-munitions.

Hady BARRY

21 avril 2008.