Partager

Pays pauvre très endetté (1.719, 9 milliards de dettes) avec une balance déficitaire, le Mali demeure cependant un bon élève du Fonds Monétaire International (FMI) imposé à notre pays ayant conduit à une liquidation outrancière du patrimoine acquis après le 22 Septembre 1960.

Lorsqu’on lit les rapports de mise en oeuvre du programme de reforme des entreprises publiques (PASEP) amorcée en 1982 on découvre la vénalité des cadres de l’administration.

Ce programme qui a couvert au départ 35 entreprises continu de faire des vagues. A cet effet, une loi fixe les principes fondamentaux de cette privatisation outrancière des entreprises du secteur public.

Hormis les injonctions du FMI sur le modèle de développement à suivre, il faut noter la présence de trois grands richissimes hommes d’affaires. Bolloré, Bouygues et Aga Khan. La SONATAM a été cédée à Vincent Bolloré qui s’est taillé la part du lion avec 60% des actions. L’Etat Malien n’a gardé que 20%.


L’or Malien et la SOMADEX

L’or est exploité par une société Anglo-saxonne et Sud Africaine la Randgold. La mine de Morila, qui est la plus importante a signé en 1998 avec l’Etat Malien pour exploiter dès 2000, 120 tonnes en 14 ans.

Sur cette base, elle était exonérée d’impôts et de taxes les trois premières années et une prime de rendement devrait être versée aux ouvriers.

De 2002 à 2003 la compagnie a extrait 83,160 tonnes ; la mine peut produire 6 tonnes par mois.
La SOMADEX (la Société Malienne d’Exploitation) de l’or à Morila, est une filiale de Bouygues avec des capitaux maliens aux mains d’anciens responsables de l’appareil dirigeant du pays.

L’Etat malien ne peut attester la qualité d’or extraite mais se contente officiellement des 20% signés par contrats.


Le chemin de fer

La privatisation du réseau ferroviaire du Mali a commencé sous Alpha Oumar Konaré, et achevée sous ATT s’est effectuée sous le vocable de «concession», un patrimoine estimé à 117 milliards de FCFA cédé par la suite à des Belges.

Les conséquences économiques sont lourdes 600 agents licenciés. Il ne reste plus que 26 gares sur 36 sur la ligne Dakar- Bamako.


Energie du Mali (EDM- sa)

La concession de l’Energie du Mali n’a pas amélioré le réseau électrique, ni étendu l’électricité à tous les Maliens 2 millions sur 12 millions d’habitants y ont accès. Actuellement c’est le groupe Aga Khan qui tient la majorité des actions. Aga khan se place fortement au Mali (avion, énergie, réhabilitation des sites classés au patrimoine mondial).

CMDT

Sa privatisation ne doit guère surprendre. La Compagnie Malienne de Développement des Textiles, la première entreprise du Mali est partie en faillite à partir de 1999, depuis l’organisation à travers toutes les zones CMDT des nuits du coton. La CMDT a été pour les démocrates maliens, ce que fut la Caistab pour le parti unique Ivoirien (PDCI).

Le rapports Ernest et Young ont mis à nu une contre performance de 47 milliards de FCFA de déficit pour la campagne de 1998-1999. Cette privatisation imposée par le FMI et la banque mondiale aura des conséquences très graves sur l’économie du pays en général et sur le monde paysan malien en particulier qui compte 3 millions de cotonculteurs.

Elle donnera champ libre aux entreprises multinationales aidées notamment par l’USAID qui veulent imposer les OGM dans l’agriculture malienne.

L’école

L’éducation nationale à pourtant un gros budget environ 30% du budget de l’Etat auquel on ajoute celui du projet de développement pour l’éducation et la culture (PRODEC). De nombreux étudiants de la faculté des sciences économiques et juridiques prennent leurs cours dehors, saute de place. Leurs camarades les appellent «les malien de l’extérieur». On assiste à une privatisation et création d’écoles privées de façon anarchique.

Certains établissements sont crées par de hauts responsables de l’Education afin de justifier le pompage des sous du ministère. Quant aux étudiants, une grande majorité est corrompue et reçoit les millions de FCFA, fruit des actions des œuvres universitaires, crées par le pouvoir ADEMA et maintenu par le régime actuel.

Les journaux maliens ont relayé l’étude faite par la banque mondiale en 1998 épinglant 21 milliardaires dont 18 cadres de l’administration publique travaillant dans différents ministères.

De 2004 à 2006, le rapport du vérificateur décèle 103 milliards de pertes causés par des délinquants financiers. En 2007 la CASCA (cellule d’appui aux structures de contrôle de l’administration) découvre un trou de 300 milliards de FCFA.

Actuellement au Mali la pauvreté est reine. Où va le Mali ? Il bascule dans l’analphabétisme. Il n’y a rien de plus grave qu’un peuple qui ne sait lire ni écrire.


Amy SANOGO

02 Juin 2008