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L’on a désormais quatre forces au nord Mali qui travaillent toutes à étendre leurs tentacules et à rendre cette partie du pays ingouvernable. En effet, on sait que dans son combat pour délimiter ce qu’il appelle « son territoire », le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) a eu recours à AQMI (Al Qaïda au Maghreb islamique) et à Ansar Dine. Et, jusque-là, rien ne dit qu’il y a des dissensions graves au sein de ce trio qui règne en maître absolu dans cette partie septentrionale de l’ex-Soudan. Mais à ce trio, vient s’ajouter le tristement célèbre Boko Haram, ce mouvement djihadiste qui s’est montré invincible face à la première puissance militaire sous-régionale, le Nigeria. Un carré d’as plus que jamais redoutable. C’est donc une union qui en appelle, vite, à une riposte sous-régionale car si on ne le fait pas maintenant, plus tard risque d’être trop tard.

A tout le moins, si des intégristes islamistes se montrent si solidaires au point de faire une « coalition terroriste internationale », pour ainsi la nommer, il revient à la sous-région ouest-africaine d’agir promptement. En tout cas, la crise politique étant pratiquement réglée, l’heure n’est plus aux atermoiements car le mal déjà enraciné, se fortifie et se renforce à la faveur du temps qui passe et des ralliements tous azimuts.

Ces fondamentalistes n’ont aucune raison d’imposer l’extrémisme religieux à une sous-région dont les traditions et les cultures sont ouvertes et multiformes. Difficile d’ailleurs de faire la différence entre extrémistes islamistes et narcotrafiquants car partout où ils s’installent, naissent et grandissent le grand banditisme, les attaques à main armée, les prises d’otages et autres crimes crapuleux.

Les vols et les pillages à grande échelle, perpétrés sur les populations du nord Mali, depuis que ces djihadistes y font leur loi, illustrent à souhait la dangerosité de la situation. Bref, le climat de terreur qui y règne actuellement donne une idée de ce à quoi ressembleront les Etats qu’entendent créer les fous de Dieu. Aux grands maux les grands remèdes, dit l’adage.

La CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) a toutes les raisons d’agir énergiquement afin de sauver la sous-région de la menace périlleuse des djiihadistes. Difficile de compter désormais sur les négociations pour ramener la paix au Mali avec surtout l’implication des adeptes de Boko Haram dans la crise. Dans d’autres pays où ils sévissent, ils ont montré déjà toute leur mauvaise volonté d’aller au dialogue.

Boulkindi COULDIATI

Le Pays

Source : Lefaso.net

11 Avril 2012