Partager

Nulle part ailleurs qu’à Bamako la circulation n’est aussi accidentogène. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil sur les taxis et sotramas qui sillonnent les rues de Bamako. Ailes froissées, pare-chocs bringuebalants, portières défoncées, feux éclatés, voilà ce que vous verrez sur chacun de ces véhicules.

Certes, les usagers ne respectent pas tous le code de la route. Certes, les motocyclistes en djakartas ont leur part de responsabilité, mais, il faut aussi dire que la plupart des chaussées et ouvrages dédiés au transport urbain ne sont pas adaptés à la réalité de la circulation.

Il est, désormais, indispensable de repenser la chaussée pour les différents types d’usagers de la route. Les piétons, malheureusement, sont souvent les grands oubliés de nos ingénieurs ponts et chaussées. Il n’existe tout simplement pas de trottoirs à Bamako.

Pour vous en convaincre, essayez de traverser le pont Fahd à pied dans un sens ou dans l’autre et lorsque vous serez aguerris, vous pourrez vous lancer dans la traversée de N’golonina en passant devant le siège de la BOA.

Les djakartas ne sont pas en reste en matière de grands frissons entre le demi-tour de la mort devant le CICB ou le slalom géant entre les bordurettes de l’avenue de l’OUA, il y en a pour tous les goûts. Quant aux automobilistes, ils ne sont pas oubliés.

En effet, ceux qui échapperont aux blocs de béton du nouvel échangeur disposés sans signalisation en plein milieu de la chaussée en venant de Hamdallaye ne devront pas relâcher leur attention une fois arrivés au niveau du rond point du « déplacement latéral » de Faso Kanu.

Ne parlons même pas de l’axe Bamako-Koulikoro puisque cette route n’a même pas de bande d’arrêt d’urgence alors que les « camions-bennes » d’un autre âge y sont légion.

Une sécurité routière efficace s’obtient en travaillant d’abord sur la matière qui fait la circulation elle-même, c’est-à-dire les infrastructures de transport. Dans la Rome antique, des ornières étaient volontairement créées sur les voies, pour faciliter le guidage des roues des chariots.

En Allemagne il y a « l’Autobahn », une autoroute si bien conçue que la vitesse n’y est pas limitée. Bien-sûr, il faut continuer à sensibiliser mais, il ne faut surtout pas oublier de mettre à niveau nos chaussées, nos ronds-points, nos triangles, nos échangeurs, nos voies cyclables, nos trottoirs, nos signalisations… La sécurité routière est l’affaire de tous.

Rendons ensemble sa mobilité dans la sécurité à notre capitale pour un développement sûr et harmonieux.

Yaya SIDIBE

29 Juillet 2011.