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3-3.jpgDans l’esprit de nos compatriotes persiste un préjugé tenace selon lequel les femmes se divisent en deux catégories : celles qui ont la chance et le mérite d’avoir trouvé chaussure à leur pied, et les autres. Les jeunes filles savent que cette division là a des conséquences dévastatrices et font tout pour se retrouver dans la première catégorie. Mais pour elles, l’exercice est aujourd’hui encore plus compliqué qu’auparavant. Et l’oiseau rare, encore plus difficile à dénicher. Dans une conjoncture qui devient de plus en plus dure, avec des soucis du quotidien qui se multiplient à la vitesse « grand « V », les hommes ont difficilement la tête au mariage. Un mariage qui est pour eux synonyme d’un surcroît de charges et donc de problèmes.

De plus en plus nombreuses sur le marché

3-4.jpgOn assiste par conséquent à une forte augmentation du nombre de vieilles filles. Ces dames se rencontrent dans toutes les couches sociales et chacune d’elles aurait une histoire édifiante à vous raconter si par hasard vous l’interrogiez. Mais la plupart du temps, le récit proposé est celui de la longue descente dans l’enfer du célibat. Une descente qui s’est amorcée insidieusement avant de se poursuivre implacablement. A partir de l’âge de 25 ans, la jeune fille se pose déjà des questions sur ses chances à convoler en justes noces. Car déjà à cet âge, elle commence à entendre les questions inquiètes de ses parents qui souhaiteraient la voir opter pour une relation solide.

2-11.jpgElle commence aussi à percevoir les commentaires plus ou moins perfides du voisinage qui fait semblant de s’étonner de la voir encore sans attaches.

Plus elle avance en âge, plus la jeune fille qui n’a pas encore trouvé de mari doit avaler de couleuvres.
À la moindre dispute, on lui jette son état de célibataire à la tête et de la manière la plus cinglante. La malheureuse se met à compter les jours, les semaines et les mois qui passent et qui finissent par empiler sur elle des années de solitude. Le jour qu’elle finit par appréhender le plus est celui de son anniversaire. Car ce jour consacre son échec et lui laisse entrevoir une vie bloquée dans la solitude. Celle qui est en train de devenir une vieille fille se laisse alors envahir par l’amertume. Son chagrin devient encore plus vif lorsqu’une petite sœur dans la famille ou chez les voisins trouve à se marier. Ou bien lorsqu’elle est le seul électron libre lors des réunions de copines. En proie aux tourments, la célibataire a l’impression de sombrer dans un puits sans fin. Elle ne sait plus que faire pour échapper à l’étiquette dégradante de « Bogo Tigi Galalen » (la vieille fille). Le plus désespérant arrive lorsque survient la quarantaine qui tue presque tout espoir d’échapper à cette condition.

Femmes instruites

Il y a cependant une nouvelle génération de vieilles filles qui fabriquent elles-mêmes le piège dans lequel elles se font enfermer. Il s’agit la plupart du temps d’intellectuelles qui ont voulu faire de solides études supérieures et qui ont tout sacrifié à cela, mêmes leurs relations sentimentales. Puis lorsqu’elles ont touché au but, elles se trouvent confrontées à deux sortes de difficultés.

La première provient d’elles-mêmes: Elles se montrent très difficiles sur le choix de l’homme avec qui elles veulent partager leur vie. Il leur faut trouver un élu du cœur qui soit tout à la fois intellectuellement costaud et socialement bien établi. Or ce type d’époux ne court pas les rues et le temps passe sans que notre intellectuelle ne déniche son homme idéal.

1-32.jpgLa seconde difficulté est d’ordre sociologique : Beaucoup de Maliens le disent eux-mêmes. Ils se méfient de celles qu’ils désignent comme « les femmes intellectuelles« . Ils les trouvent arrogantes, prétentieuses, autoritaires et difficiles à satisfaire. Les hommes ne cherchent donc pas à se fixer durablement avec ces « super diplômées« , même lorsque ces dernières possèdent une situation matérielle des plus intéressantes.

Doussou DJIRÉ

Essor du 19 mai 2008