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Rien ne va plus entre le ministre de l’Enseignement secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique et le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) qui accuse le Pr. Amadou Touré de « faire diversion ».

Au cours d’une rencontre mercredi dans l’enceinte de l’Ecole nationale d’ingénieurs (ENI), les dirigeants du Snesup ont accusé le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique, Pr. Amadou Touré, de s’être lancé dans une campagne de désinformation, comportement, selon eux, susceptible de nuire dangereusement aux acquis du gouvernement sortant.

En effet, à la suite de leur assemblée générale du 13 novembre 2007, les enseignants du supérieur ont décidé de maintenir la rétention des notes dans toutes les facultés, instituts et grandes écoles jusqu’au 30 novembre, la levée de la suspension de la grève illimitée du 10 novembre 2006 à partir du 1er décembre 2007 jusqu’à la satisfaction totale de leurs revendications qui tournent autour du décret réglementaire des tâches liées aux examens et la régularisation de la situation administrative des enseignants.

Selon le secrétaire général du Snesup, Dr. Abdou Mallé, les accords avaient été trouvés avec le gouvernement d’Ousmane Issoufi Maïga. A l’époque, les parties étaient tombées d’accord sur le paiement lors des examens de 500 F CFA par copie corrigée et 5000 F CFA par jour de surveillance.

« Le point de désaccord était les 150 000 FCFA que nous avons réclamés pour les membres du secrétariat des examens » , a précisé M. Mallé, qui note qu’à ce sujet, le gouvernement avait proposé 60 000 F CFA tout en promettant de bien examiner ce point.

Aux yeux du Snesup, ces acquis semblent aujourd’hui compromis. D’abord les enseignants accusent le ministre de désinformation. Celui-ci aurait affirmé que les syndicalistes réclament 300 000 F CFA pour chaque membre du secrétariat des examens. « Faux », rétorquent ces derniers qui jurent la main sur le cœur qu’ils n’ont jamais réclamé un tel montant à l’Etat.

Aux dires du patron du Snesup, un secrétariat des examens, chargé de suivre tout le processus des examens, travaille souvent pendant plus de deux mois avant la publication définitive des résultats.

Selon des enseignants, le ministre voudrait que les membres du secrétariat soient des volontaires, un argument jugé dangereux par le Snesup qui soupçonne le Pr. Touré de faire de « l’endurant » ou de « banaliser la situation ».

« La logique du ministre veut que si les professeurs ne veulent plus siéger au secrétariat sans les 150 000 F CFA, il est prêt à engager d’autres personnes, il s’agira de demander alors au charpentier de faire une greffe de cœur » , commente le secrétaire administratif du Snesup, Djibonding Dembélé.

Le lundi 19 novembre en invitant les doyens des facultés et les directeurs des grandes écoles à réfléchir sur la situation, le Snesup voulait déplorer le refus de la solution alternative par le ministre. La solution de compromis consisterait, pour les doyens et directeurs, de payer aux secrétariats la différence des 150 000 F CFA, c’est-à-dire 80 000 F CFA sur leurs budgets autonomes.

Aucune solution de sortie de crise n’est pour l’heure en vue. Bien au contraire, nous assistons à un véritable bras de fer entre les deux partenaires clés de l’école. Les enseignants vont jusqu’à dénoncer l’intimidation dont certains d’entre eux seraient victimes pour libérer les notes. Ils menacent de durcir encore le ton si le ministre s’autorise à retenir des jours de grève sur leurs salaires.

De l’avis de nombreux observateurs soucieux de l’avenir de notre pays et du sort des étudiants, les concessions et les sacrifices s’imposent de part et d’autres pour éloigner l’école du spectre de la contestation et du débrayage intempestif.


Amadou Waïgalo.

Marimantia contesté

L’une des doléances du Snesup est la régularisation des situations administratives de ses adhérents, notamment leur hiérarchisation. Mais, le syndicat n’en revient pas toujours ! Car au moment où certains enseignants courent derrière la hiérarchisation depuis des années, les autorités ont décidé de nommer comme professeur l’ancien ministre du Plan et de l’Aménagement du territoire, Marimantia Diarra.

Pour les professeurs du supérieur cette nomination est une insulte au corps professoral qui exige désormais de revoir les conditions de hiérarchisation qui causent du tort à de nombreux enseignants qui ne sont pas aussi puissants que le ministre « Marimantia », un professeur qui n’a jamais mis les pieds dans une faculté pour enseigner.

Ainsi, le Snesup demande au ministre Amadou Touré de réfléchir mille fois avant de mettre en application son projet de nomination nationale au grade du professeur.

A. W.

22 novembre 2007.