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La date du 20 septembre dernier, proposée par le général Kafougouna Koné, n’a malheureusement pas été le jour de la désignation définitive des membres de la Céni.

Les causes de cette crise sont très profondes et relèvent d’une donne politique qui transcende le cadre restreint des circonstances actuelles de la vie politique du Mali.

D’abord, le nombre des membres de la Céni est trop étriqué. Même si les luttes de positionnement sont inévitables entre les partis politiques, le problème actuel se serait posé avec moins d’acuité si, au lieu de 15 membres, la Céni devait en compter une trentaine.

Hormis cette contrainte numérique, une des causes du blocage du processus de la désignation des membres de la Céni tient de la pléthore de partis politiques. L’idéal aurait été de voir un représentant au moins pour chaque parti politique.

Mais le Mali ne peut se permettre le luxe d’une telle démarche car les allocations publiques pour soutenir cet effort risqueraient de ruiner la trésorerie nationale, alors que les partis politiques eux mêmes rechignent affreusement à solliciter l’aide du contribuable sous forme d’impôts.

Le problème avait trouvé un semblant de solution avec les regroupements politiques. Ce qui a fait que les difficultés, lors de la désignation des membres de la Céni en 2004, ont été mises en veilleuse, et très vite les protagonistes ont trouvé un accommodement.

A l’époque, la sagesse avait recommandé aux grands regroupements politiques de descendre de leur piédestal en acceptant d’être traité à peu près sur le même pied d’égalité que les petits partis peu représentatifs sur l’échiquier national.

Par contre cette année, c’est le dialogue de sourds à tous les niveaux. Cela n’allait pas entre les différents regroupements que sont : ARD et Espoir 2002 qui se sont abouchés pendant longtemps contre les autres avant de s’entendre avec l’ACC, les non-regroupes et le MVD.

Quant aux représentants de l’opposition, ils font cavalier seuls depuis le début du processus de la mise en place de la Céni. Le comble de leur malheur est qu’ils ne soufflent pas tous dans la même flûte. La déclaration signée à leur nom la semaine dernière a été rejetée par un des leurs qui était visiblement trop impatient et inquiet de la tournure que les choses prenaient.

Finalement, tout le monde se décharge sur le ministre de l’Administration Territoriale et des collectivités locales, lui qui ne sait plus où donner de la tête.

En effet, les membres de l’opposition qui ont signé la fameuse déclaration du dimanche 17 septembre 2006 ont proposé au général Kafougouna Koné une liste de 5 noms censés représenter leur camp, sans savoir que du côté de l’opposition dissidente, incarnée par le PECSAM, un nom a été présenté au nom de l’opposition.

Cette dichotomie signifie que le PECSAM adhère à la logique de la majorité et que le parti s’arroge désormais, pour les autres opposants, le titre de traître.

Rappelons que le PECSAM ne voit les autres opposants que comme des arrivistes venus gâcher sa fête à la dernière minute.

Soumaïla T. Diarra

25 septembre 2006.