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A l’occasion de la 68è session de l’Assemblée générale de l’ONU, le président du Burkina Faso, médiateur dans la crise malienne, a laissé entendre que sa médiation s’inscrit dans la droite ligne de la politique expansionniste du Maroc. Or ce plan du royaume chérifien prévoit, depuis les années 1960, l’indépendance des trois régions de notre pays.

L’histoire n’a pas tardé à donner raison à tous ceux qui avaient, à un moment donné, demandé au gouvernement malien de récuser la médiation du président sanguinaire du Burkina Faso, Blaise Compaoré, dans la crise malienne, éclatée à la suite du coup d’Etat du 22 mars 2012. Si un homme politique doit- être heureux aujourd’hui, c’est bel et bien, l’ancien Premier ministre Soumana Sako. Il a été, durant la transition, l’un des hommes politiques le plus courageux à donner son point de vue sur les sujets brûlants du pays.

Contrairement à des leaders politiques qui cherchaient la bénédiction des religieux pour accéder au pouvoir. On se rappelle qu’il est le seul à condamner la création d’un ministère chargé des Affaires religieuses et du Culte. Ensuite, il est le seul candidat à l’élection présidentielle passée à dire que s’il est élu président de la République du Mali, il mettra, l’Accord préliminaire de paix de Ouagadougou signé le 18 juin 2013 entre les autorités de la transition et les groupes armés, à la poubelle.
Ces déclarations patriotiques, au lieu de le hisser au somment de l’Etat, ont plutôt contribué à tenir son image et à faire chuter ce qui restait de sa cote de popularité. Comme on le dit «Nul n’est prophète en son pays».
En s’exprimant à la tribune de la 68e session de l’Assemblée générale de l’ONU, le médiateur de la CEDEAO dans la crise malienne, contrairement au vœu de ceux qui l’ont choisi pour cette mission, a mis un pied dans le plat. Il a déclaré à la face du monde que : «son pays, le Burkina Faso, adhère à l’autonomie du Sahel défendue par le Maroc». Ce plan du Maroc, qui date des années 1960, prévoit : «L’annexion au royaume chérifien des territoires qui avaient eu autrefois des relations d’allégeance avec le sultan. Ce Grand Maroc comprenait le Sahara occidental, la Mauritanie et les territoires sahariens jusqu’à Tombouctou, y compris le Touat».

Si c’est ce plan que l’assassin de Thommas Sankara défend, il est temps que les Maliens emboîtent le pas au Dr Soumana Sako en demandant à la communauté internationale de dessaisir Blaise Compaoré du dossier malien. Sinon, notre pays sera le pus grand perdant dans cette médiation. A y regarder de près, le plan marocain déstabilise l’Afrique de l’Ouest.
Le discours du médiateur n’est pas étranger à la tension à Kidal, où des bandits armés ont attaqué les troupes maliennes. Le président du Faso, par ce discours, a mis en confiance les bandits armés de Kidal avec lesquels il a lié amitié autour du sang. La veste du premier est maculée du sang de son frère d’armes et ami Thommas Sankara, des citoyens burkinabé et africains et les seconds, leurs turbans tachetés du sang de leurs frères maliens.
La surprise est qu’après ce discours, il n’a pas été rappelé à l’ordre que sa mission de médiation ne consiste pas à prendre position pour une partie. Il reste à savoir si la communauté internationale et les autorités maliennes ne font pas le jeu du médiateur : la partition de notre pays.

Y.S

L’Inter de Bamako du 7 Octobre 2013