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Au fur et à mesure que la campagne électorale se poursuit des certitudes se dégagent. Ainsi, il semble que le prochain président de la République du Mali sera l’une des quatre personnalités suivantes : Soumaïla Cissé de l’URD, Dramane Dembélé de l’ADEMA, IBK du RPM, ou Modibo Sidibé des FARE.

En effet, vue leurs capacités de mobilisation et les stratégies que ces candidats étalent, il n’y a pas de doute que c’est à l’un d’entre eux que reviendra la lourde charge de diriger le Mali dans les prochains jours. Ces quatre personnalités ont toutes la particularité d’avoir côtoyé, personnellement ou par le biais de leurs partis respectifs, la gouvernance passée. Ce serait en effet ridicule pour l’un quelconque de ces candidats de faire l’immaculé. Mais, qu’à cela ne tienne; il est difficile de faire du neuf à partir du vieux ; étant entendu que c’est toujours avec l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle.

L’argument qui consiste à dire que les autres sont mouillés et qu’on est blanc comme neige n’est donc pas porteur. Encore moins objectif. Seulement, il est loisible de reconnaître que les quatre formations politiques qui portent ces candidats sont constituées de la plus grande partie de l’establishment du Mali. Et puisqu’il n’y a vraiment rien de nouveau sous le soleil, l’opinion malienne se contentera d’un petit saupoudrage comme changement ; surtout que le bilan de la gouvernance passée n’est pas aussi catastrophique que certains veulent le faire croire. ATT a en effet, fait de son mieux, si ce n’est que la donne sécuritaire et la lutte contre la corruption ont laissé entrevoir quelques failles dans son dispositif.

Cela dit, le plus important dans ce processus électoral de sortie de crise est de faire en sorte que le choix du peuple malien soit rigoureusement respecté. Si un des arguments de la junte de mars 2012 est qu’il n’y a eu que des « élections frauduleuses ces vingt dernières années », le ministre Moussa Sinko Coulibaly – issu de cette junte – a son honneur à défendre en garantissant, aux yeux du monde, un scrutin transparent et crédible. Le service véritable que le ministre chargé des élections, aidé par les plus hautes autorités de la transition, rendra au peuple malien c’est de faire tout ce qui est en son pouvoir pour organiser des élections claires et limpides. La sortie de crise dépend prioritairement de la tenue d’un scrutin dénué de fraudes.

Tous les observateurs veulent que seul le verdict des urnes triomphe. Sans aucun… coup de main de quelque bord que ce soit. La paix sociale au Mali de demain en dépend. Les partenaires et amis du Mali sont d’ores et déjà interpellés.

Bruno D SEGBEDJI

23 Juillet 2013