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Depuis un certain temps, le chef des putschistes de Kati, le Capitaine Amadou Haya Sanogo a entrepris des visites dans les états majors des différents corps des forces armées et de sécurité. Il s’est rendu à l’Etat major des armées derrière le ministère de la Défense et au camp de la garde nationale de N’Tomikorobougou.

Ces sorties du capitaine Sanogo mettent un terme à un » retrait silencieux » que l’homme s’était imposé depuis le dernier accord signé entre le CNRDRE et la CEDEAO et qui lui conférait le titre ‘’d’ancien chef de l’Etat’’ avec les avantages y afférents. Cet accord avait permis à Dioncounda Traoré de poursuivre sa mission à la tête de l’Etat comme président de la transition pour douze mois. L’absence de celui-ci du pays ne semble nullement déranger à Kati. Au contraire. Et le chef de la junte s’est justifié dans « Jeune Afrique » affirmant que « l’armée n’a aucune responsabilité dans l’agression de Dioncounda « . Tout en oubliant que jusqu’à preuve de contraire c’est cette armée qui assure sa sécurité et c’est cette armée qui par la voix de Sanogo avait rejeté la proposition de la CEDEAO d’envoyer des soldats pour sécuriser les institutions.

Aujourd’hui, bon nombre de Maliens s’interrogent sur cette apparution inoppinée du Capitaine Sanogo auprès de ses frères d’armes. On ne sat pas encore à quel titre il mène ces activités : est-ce en tant que président du CNRDRE, une structure qui ne devrait plus exister depuis la mise en place des organes de la transition? Car au sein d’une armée sérieuse, il ne peut y avoir une organisation parallèle qui joue en maître en lieu et place du département de la Défense et des anciens combattants et du chef de l’Etat, chef suprême des armées. Le Capitaine Sanogo agit-il en tant qu’’’ancien chef de l’Etat ‘’? Si tel est le cas, ce statut doit lui conférer un silence et une retraite dorée. Mais l’hypothèse la plus communément partagée est que le capitaine Amadou Aya Sanogo, quels que soient les avantages accordés à lui par l’accord signé avec la CEDEAO, veut coûte-que-coûte rester le maître de la transition.

Un dessein qu’il n’a jamais caché. Malgré les mises en garde de la communauté internationale demandant le retrait pur et simple des militaires, Sanogo continue d’agir en Chef de l’Etat. Il conserve toujours pour ses déplacements l’impressionnant dispositif sécuritaire dont il s’est doté aux lendemains du coup d’Etat. Aussi, le Premier ministre de ‘’pleins pouvoir (sans pouvoirs’’ de décision réelle tout étant guidé par la seule volonté du prince de Kati) se rend quotidiennement à Kati au QG de la junte pour certainement prendre des » instructions » auprès de «son chef».

Youssouf CAMARA

L’Indépendant du 7 Juin 2012