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Certes, la mission d’un syndicat est de défendre les intérêts matériels et moraux des travailleurs, d’œuvrer à l’amélioration des conditions de vie et de travail de ceux-ci. Cela, à travers des actions militantes, des revendications légitimes, des grèves pacifiques. Mais, tout doit s’opérer dans la règle de l’Art et en fonction de l’état de la Nation.

Cependant, pour Yacouba Katilé, peu importe pour la situation du pays aujourd’hui en état de guerre et en profonde crise sociopolitique. Or, outre la crise sécuritaire et sanitaire qui frappent de plein fouet les secteurs vitaux de l’économie nationale, au plan budgétaire et financier, tous les signaux sont au rouge. Contexte dans lequel l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) menace de renouer avec ses grèves avec la seule plate-revendicative la mise en application intégrale des Accords signés avec le Régime d’IBK. Accords négociés pourtant avec le couteau sous la gorge d’IBK. Donc, du côté de la Bourse du travail, l’heure est au chantage ; car, Katilé et ses camarades ont alerté, à l’issue de leur rencontre avec Premier Ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, à peine nommé, que la période de grâce qu’eux ils accordent au nouveau Gouvernement de la transition n’excèderait guère les dix premiers jours après le premier Conseil des Ministres de celui-ci.

Tenez-vous bien, pendant les sept ans (2013-2020) sous IBK il n’y a eu que deux petites grèves observées par l’UNTM (laissant plusieurs syndicats nationaux à se débrouiller face au régime de l’époque), alors qu’à l’issue de cette période de transition la barre des deux grèves est déjà atteinte et on tend vers la troisième voire plus. En plus, la grogne de l’UNTM est justifiée par la non satisfaction d’engagements signés par le régime d’IBK, un régime qui avait réussi à étouffer toutes les revendications des travailleurs maliens. Où était donc Yacouba Katilé ?

Enfin, rappelons qu’au moment où le M5-rfp battait le pavé contre le système de gouvernance défaillant d’IBK, le même Katilé était là sans penser aux intérêts des autres travailleurs. En janvier 2020, la centrale syndicale avait même décidé d’observer une trêve à cause, disait-elle, de la situation du pays. Aujourd’hui, quelle est cette situation ? S’est-elle améliorée ? Katilé a ses propres réponses.

Ainsi, à l’issue de cette visite de travail du Chef du Gouvernement de la transition, Dr Choguel Kokalla Maïga, pour faire repartir le dialogue social avec les Syndicalistes sur des nouvelles bases plus réalistes, l’UNTM, par la voix de son Secrétaire Général-adjoint, Abdrahamane Infa Touré, rétorque que c’est à la seule condition de satisfaire intégralement et à l’immédiat de leurs revendications dont entre autres : la mise en œuvre du protocole d’accord du 5 février dernier, la régularisation du dossier des compressés et des partants volontaires à la retraite en souffrance depuis plus 30 ans, la résolution du problème lié à la grille salariale, l’harmonisation des indices de salaires dans la Fonction publique, des primes et des indemnités ou encore le sort des travailleurs compressés (des salariés d’entreprises d’État), le recrutement de masses des jeunes dans les services de la Fonction publique et l’application de tous les autres engagements obtenus sous le Régime d’IBK.

Certes, il s’agit là des revendications liées à la mission régalienne de toute centrale syndicale des travailleurs d’un pays. Mais, la formule salutaire aura été d’accepter la main tendue par les Décideurs politiques attitrés. Surtout que le Premier Ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, à l’issue de son premier conseil de cabinet, déroulé le dimanche 13 juin dernier, a instruit au niveau de tous les Départements et services compétents de l’Etat d’œuvrer immédiatement à la satisfaction d’une bonne partie de la demande sociale exprimée par l’UNTM et toutes les autres centrales syndicales. Mais, toujours est-il que, pour l’UNTM le nouveau Gouvernement de transition ne lui semble pas digne de confiance. Reste à savoir jusqu’où s’arrêtera Katilé ?

Djankourou

Source: L’Aube