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Comme d’habitude, lors du Ramadan, les musulmans s’inquiètent beaucoup du prix des aliments de base car les commerçants se livrent à une spéculation qui ne dit pas son nom. Pour cette fois, le gouvernement a rassuré que les produits existent en quantité suffisante et il n’y aura pas de hausse des prix. Alhamdoulilah ! Disent en chœur les musulmans et mon voisin Blo d’ajouter « ô diarama » pour remercier le ministre Fulaké, Ahmadou Abdoulaye Diallo, qui mérite quand même qu’on lui tire, non pas un coup de chapeau en ce mois béni, mais quelques perles d’un beau et long chapelet, en plus d’une très accentuée Fatihatoul kitaab.

Mais n’allez surtout pas le dire aux femmes, obligées de faire de la gymnastique au niveau du budget familial pour tenter de s’en sortir. Oui, le Ramadan dans notre pays, c’est aussi ça : les ménagères font leurs comptes, les commerçants se frottent les mains. C’est dire que même en période de Ramadan, certaines habitudes ont la vie dure.

Cette année encore, les prix des aliments les plus consommés lors du mois sacré ont augmenté. C’est le cas pour l’ail, dont le prix a doublé en l’intervalle d’un mois. Les légumes se font désirer à cause de l’hivernage. Le gouvernement a verrouillé le prix des aliments de grande consommation tels que le riz, le sucre, l’huile et le lait. Mais cette initiative a provoqué l’augmentation des denrées qui ne sont pas concernées : ail, oignons, pomme de terre…

Chassez le naturel, il revient au galop ! Si le gouvernement fait écran par-ci, les commerçants le débordent par-là. En réalité, on a beau prendre des mesures pour les mettre dans l’élan de solidarité exigé par le Ramadan, les commerçants restent intraitables. Parce qu’aussi, pour eux, le Ramadan est sacré. A leur manière !

A.BAMBA NIANG

16 Aout 2010