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Une bouffée d’oxygène qui aura son pesant d’or au moment où l’Etat malien, sans être en cessation de paiement – les salaires sont toujours payés à terme échu – n’en connaît pas moins une tension de trésorerie à laquelle l’indiscipline budgétaire ne serait pas totalement étrangère. Comme en témoigne la dette intérieure qui s’élève à 104 milliards de FCFA.

S’agissant, justement, de cette dette, les décideurs seront plutôt bien inspirés d’utiliser une partie du pactole marocain pour s’en acquitter. Ne dit-on pas que qui paye ses dettes s’enrichit ?

Plus sérieusement, prenons un exemple concret : si l’Etat paie le dû d’un opérateur économique ayant remporté un marché dans le domaine des BTP, ce dernier, à son tour, s’acquittera de ses obligations vis-à-vis des entrepreneurs, lesquels, à leur tour, paieront les maçons qui ont évolué sur leurs chantiers.

Ceux-ci ne manqueront, certainement, pas de se mettre en règle vis-à-vis des manœuvres qu’ils emploient, lesquels feront le bonheur des vendeuses de galettes et de brochettes. Qui seront, ainsi, à même de faire face aux frais scolaires et de santé de leurs enfants, les amis d’ATT.

Bref, avec l’effet de ruissellement, l’argent recommencera à tourner dans la sphère du petit peuple. Ce qui ne manquerait pas de faire baisser la tension sociale, une tension sourde, il est vrai, mais qui peut exploser à tout moment et en rajouter aux problèmes brûlants de l’heure, à l’image de la situation sécuritaire dans le septentrion.

Au plan macroéconomique, c’est de notoriété publique que l’investissement constitue un facteur de croissance économique. C’est fort, sans doute, de cette vérité que le président de la république, ATT, a utilisé une partie des 40 milliards de FCFA provenant de la cession de 51% des actions de la BIM-SA à Attijariwafa Bank pour la construction de l’échangeur multiple de Bamako. Mais, il n’en demeure pas moins vrai qu’on peut relancer l’économie à travers la consommation.

Et la meilleure manière pour l’Etat d’y procéder, c’est de s’acquitter de sa dette intérieure.

Si tout va bien, les 180 milliards de FCFA issus de la cession des 51% des actions de Malitel-Sotelma à Maroc Télécom, formalisée mardi 7 juillet, par une signature de convention, tomberont dans les caisses du Trésor public, avant la fin du mois de juillet.

Yaya SIDIBE

09 Juillet 2009