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Vous les jeunes d’aujourd’hui et de tout de suite et nous les vieux d’hier, sommes en train de perdre une valeur fondamentale que nos » vieux de depuis » nous ont léguée. Oui, laissez-moi vous le dire, ma modestie ne me permet plus d’être modeste et c’est la raison pour laquelle j’ai toujours raté la seule occasion de me taire. Au Mali, la situation qui prévaut, nous oblige à parler, à décrier voire même à vociférer mais sans insulter. Certains peuples se sont illustrés en chantant et en dansant. Le Mali d’aujourd’hui s’illustre par des louanges et par des » revivances » des faits anciens ou d’un passé incompréhensible par la jeune génération.

La valeur fondamentale que nous perdons, c’est le don de l’observation. Retenez cette histoire de basse-cour que vous pouvez trianguler à loisir avec les faits de votre société. Pour ceux qui ont la chance d’avoir une basse-cour dans leur concession constatent ceci : le coq, fier de son indépendance, s’y pavane devant les coquelots et les poules. A l’occasion d’une fête, le propriétaire ouvre le poulailler et prend le coq par ses deux pattes. Le coq, sachant ce qui l’attend en dehors de sa limite géographique, se met à crier : » au secours ! Au secours !

La famille est détruite, disloquée et les coquelets, en signe de vengeance, de répondre : « mensonge, dérision ! Tu es venu après certains, d’autres, comme nous, logiquement viendront après toi. Bon débarras, farfelu de roitelet « . L’indépendance du Mali s’estomperait-elle comme celle du coq dès l’arrivée de Vercingetorix ? » An ga to ALLAH ma koyi ! » Elle nous impose l’élection présidentielle, ils nous imposent en catimini ou en sournoiserie la signature d’un document qui dissèque l’âme du Mali. Votre papier ne sera signé que par un lépreux (excusez-moi cet excès), mais pas par un quelconque malien, lambda qu’il s’appelerait. La médiatisation trop médiatisée ne sert que l’intérêt du Qatar qui se matérialise par les propos dilatoires de ses zombies en soif de lubrification au vitriole.

Loin s’en faut, le Mali ne saura être la basse-cour de Monsieur Blaise Compaoré et de ses commanditaires. Monsieur Compaoré peut-il accepter que Koudougou ou Bobo-Dioulasso fassent l’objet de négociations d’autonomie par un quelconque groupuscule ? Si jamais, et si jamais cela devait arriver, la réaction des hommes intègres ne se fera pas attendre parce qu’ils ont martelé à la face du monde entier ceci : » la patrie ou la mort, nous vaincrons. » Le Mali, à ma connaissance, n’est pas catalogué dans la section solde des supermarchés. De grâce, ne vendez pas et ne cherchez pas à vendre ce cher Mali qui n’est transportable même pas dans un camion remorque ou dans un dream liner.

Le Mali est aussi et également une patrie qui préfère la mort à la honte. Pour ce faire, retenons et en faisons un leitmotiv cette phrase d’un homme politique malien qui dit ceci : « je m’engage à faire ce que je dis et à dire ce que je fais. « Faisons donc du Mali ce que nous voulons que le Mali soit et disons au Mali ce que nous avons fait pour lui. Remercions tout de même ce » grunga » de Bassolet, le plus malien de tous les Burkinabè pour ses efforts combien appréciables déployés pour la sortie de crise de notre pays.

Mamadou Roche KEITA

18 Juin 2013.