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Maladie, provoquée par des vers ou parasites qui se développent dans les eaux polluées, stagnantes, les selles et les urines, la bilharziose ou schistosomiase sévit à l’état endémique au Mali.

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La schistosomiase et les vers intestinaux ont des conséquences néfastes sur la santé, selon
le Dr Robert Dembélé, coordinateur du Programme national de lutte contre la bilharziose.

Ils entraînent une perte de sang et la malnutrition chez le malade et freinent la croissance de l’enfant et de la femme.

Selon les données du Programme national de lutte contre la schistosomiase, 90 % des femmes dans les villages sont touchées par cette maladie a révélé, le coordinateur du programme.

Dans les localités rurales, cette maladie a des conséquences irréversibles chez les femmes : ces dernières peuvent devenir stériles, or nous savons que dans nos sociétés, cet état est considéré comme une malédiction.

De même, la bilharziose non soignée engendre également des avortements précoces chez les femmes. Il a été établi que nos sœurs rurales, confondent les saignements liés à la maladie avec les menstrues.

Pour soigner cette maladie, il existe une chimiothérapie efficace. Les médicaments prescrits contre le fléau sont le Praziquantel et l’Albandazole. La prise d’une dose unique permet de bloquer l’infestation et la morbidité dues aux verminoses à des niveaux inférieurs.

Egalement, selon les spécialistes, le traitement empêche l’apparition de lésions irréversibles.

Le soutien technique et financier de Schistosomiasis control initiative (SCI) basé à Londres en Angleterre, permet à son programme la mise en œuvre d’un plan national de contrôle de la maladie, a expliqué Dr Dembélé.

Ainsi, dans des aires de santé ciblées au profit des femmes, sont organisées des séances d’information et de sensibilisation suivies de distribution de médicaments contre la schistosomiase.

Pendant les campagnes de traitement de masse organisées en 2005 et 2006, plus de 2,5 millions d’enfants de la tranche d’âge comprise entre 5 à 15 ans et plus de 600 000 adultes ont pu être traités.

Pour Dr Dembélé, l’éradication de la bilharziose bien qu’étant à portée de main, nécessite l’implication de tous. Pour cela, mesures d’hygiène, comme le lavage régulier des mains au savon avant chaque repas et le port des chaussures doivent être observées par les populations.

Larves des parasites traversent la peau pour se loger dans l’intestin ou dans la vessie. Ainsi la bilharziose se présente sous deux formes: la bilharziose urinaire et la bilharziose intestinale.

La schistosomiase et les vers intestinaux existent dans les différentes régions du pays avec des prévalences variables. La bilharziose urinaire est la forme la plus répandue, elle se retrouve un peu partout. Les enfants sont les plus touchés, notamment, ceux de la tranche d’âge de 5, 10 et 15 ans.

La forme intestinale est localisée dans les régions de Mopti, Koulikoro et Ségou, et le District de Bamako.

20 février 2007.