Partager

Selon le communiqué rectifié publié par le ministre de la Défense et des Anciens Combattants, les affrontements qui se sont déroulés, le mercredi 21 mai, suite à l’attaque du poste militaire de cette localité située à une centaine de kilomètres au nord de Kidal par des bandits conduits par Ibrahim Ag Bahanga, se sont soldés par 15 morts et 6 blessés, côté Forces armées et 17 morts et 25 blessés, côtés assaillants.

Au regard de ces chiffres, c’est l’attaque la plus meurtrière, depuis les événements du 23 mai 2006 qui ont vu des intégrés Touareg, en rupture de banc, se retourner contre leur propre camp à Kidal et Ménaka d’où ils ont emporté véhicules, armes et munitions.

Dans le communiqué signé du Directeur de l’Information et des Relations Publiques de l’Armée, le Colonel Abdoulaye Coulibaly, le ministre de la Défense et des Anciens Combattants a présenté, au nom du gouvernement, ses condoléances attristées aux familles des disparus et souhaité prompt rétablissement aux blessés.

Il a saisi l’occasion pour donner l’assurance que les Forces Armées et de Sécurité poursuivront leur mission de défense de l’intégrité territoriale et de sécurisation des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire national.

L’attaque de Abeïbara aurait été lancée au petit matin (vers cinq heures) par des centaines de bandits armés à bord de 4X4, dirigés par Ibrahim Bahanga. Ils ont tenté d’encercler la localité en ciblant le poste de la Garde nationale et tirant, depuis les hauteurs des collines qui surplombent la bourgade.

Les militaires ont riposté à l’arme lourde. Les échanges, qui ont duré plusieurs heures, ont été particulièrement violents et le ministère de la Défense reconnaît que la bataille a été très meurtrière, mais les forces loyalistes ont fini par repousser les bandits armés.

Des patrouilles se sont ensuite mises en chasse des assaillants. Dans une véritable guerre psychologique, Bahanga et les siens ont avancé un bilan fantaisiste, se tirant naturellement la couverture et en avançant «côté armée malienne, 2 chars détruits, 60 militaires faits prisonniers. Du côté Touaregs, 2 blessés légers et un mort».

Toujours est-il qu’après cette attaque, la vigilance doit être de rigueur, car Bahanga, au-delà de sa rhétorique habituelle sur un manque de volonté des autorités maliennes d’aller vers la paix, reste dans la même logique belliqueuse.

Il ne cherche qu’à gagner du temps, endormir les consciences et profiter de la moindre faille du dispositif pour frapper à nouveau.


Yaya SIDIBE

23 Mai 2008