Partager

Mais on garde l’espoir. Je suis aussi contrarié de voir ce qui se passe sur la scène politique. Le pré­sident de la République a certes fait de bonnes choses pour ce pays, mais, de là à bénéficier du soutien de la majorité des partis politiques est révoltant. Et je me réjouis du fait qu’il y a encore’ des hommes à l’image d’IBK qui refusent de s’ali­gner aveuglément au détriment de notre démocratie ».

K. N. (professeur à l’EN Sup) : « Cette fin d’année nous laisse très perplexes. A mon avis le passé et le futur nous préoccupent peu, car il me semble impossible d’avoir une vision lointaine dans la mesure où nous vivons dans la précarité. Nos dirigeants ont montré leurs limites donc tous nos espoirs repo­sent sur Dieu. Qu’il veille sur nous

Toumani Bouaré (comptable gestionnaire) : « Je me réjouis de cette fin d’année. Dieu merci mes vœux ont été exaucés car en famille et au plan professionnel, j’arrive à sur­monter les difficultés. Sur le plan national aussi il y a beaucoup d’ini­tiatives qui ont été entreprises par l’Etat et sincèrement je pense que le pays avance. Mais par rapport à la situation politique, j’ai de sérieuses inquiétudes car si on doit tout approuver chez un homme, surtout un chef de l’Etat, je me demande quel sera le rôle des hommes poli­tiques et l’avenir de la jeune démo­cratie malienne»

Nouhoum Touré (gestionnaire de parking) : « Je suis désolé, mais cette année à été vraiment dure pour moi, sinon ce fut un pur cauche­mar. D’abord c’est face aux diffi­cultés liées au manque d’emploi que je me suis investi à faire le « parker ». En réalité, je travaille pour quelqu’un et peine à avoir de quoi me nourrir. Il faut que les autorités créent des emplois pour les jeunes et facilitent l’accès aux soins et à la nourriture. Avec 10 000 F CFA au Grand marché de Bamako, on peut se procurer un pantalon et une belle chemise, mais ce n’est pas évident avec les produits de première nécessité. Cela me semble être un paradoxe lourd pour les citoyens ».

Coria (promotrice d’une bou­tique de prêt-à-porter) : « Personnellement je n’ai vécu que des cauchemars en 2006. Les voleurs m’ont fait voir de toutes les couleurs. Ils ont d’abord volé ma moto « Djakarta », puis mon téléphone. J’ai été victime à deux reprises d’accident de circulation, heureusement à part les blessures légères, je me porte bien. Pour ce qui concerne mon entreprise je ne me plains pas car même si les clients ne viennent pas en masse, j’arrive à maintenir un bon chiffre d’affaires ».

Cheick Oumar Sanogo (res­taurateur-pâtissier) : « Je pense que cette année, les choses se sont bien déroulées. Au-delà des difficultés de mobili­sation des fonds et au paiement de certaines factures, nous avons pu résoudre tous nos problèmes. Notre société se sentirait mieux si le gouvernement accordait plus d’avantages au secteur privé. Le secteur du commerce connaît tou­jours des difficultés douanières. Je souhaite une bonne et heureuse année 2007 à tous les êtres humains. Dieu est bon et tout ce qu’il fait est bon. C’est aux hommes de faciliter les choses entre eux ».

Mamy (étudiante) : « En ce qui me concerne, l’an­née 2006 m’a fait vivre de très belles choses. Les études mar­chent bien et s’il paît à Dieu, je ter­minerais au courant de 2007. En famille l’entente et l’affection me comblent. Mais, sur le plan finan­cier tout le monde se plaint même moi qui suis étudiante, puisque nous n’avons rien lorsque les parents ne gagnent pas assez pour subvenir à nos besoins ».

Fatoumata Diane (gérante d’un magasin d’articles féminins) : « Je pense que cette année a été passable en tout cas dans mon domaine d’activité. Les clients se font rares tout le monde dit que les temps sont durs et la mévente est à la mode chez nous les « petits » commerçants. J’espère qu’en 2007 l’argent va mieux circuler sinon nous chercherons à faire autre chose ».


Seyou Koné (policier)
: « J’ai été recruté à la police en 2004 et, après 3 ans d’exercice, j’avoue que je ne me réjouis pas trop. Cette année, j’ai eu de sérieux problèmes avec deux motocyclistes et l’affaire se trouve présentement au niveau du tribu­nal. Il est temps que les autorités trouvent une solution définitive à l’indiscipline en circulation. Rien qu’en 6 mois, j’ai assisté à plus de 15 accidents souvent mortels. Les motocyclistes et les chauffeurs de Sotrama sont à mon avis les plus doués en matière de non-respect du code de la route. Cependant, en essayant de mieux contrôler ces deux usagers, nous verrons moins d’accidents en 2007. Aussi, les autorités doivent penser à prendre en compte la sécurité des agents de la circulation ».

Propos recueillis par Amadou Waïgalo

29 dec 2006