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Le Rassemblement Pour le Mali (RPM), présidé par Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) est aujourd’hui à la croisée des chemins. Au sortir des élections générales de 2007, les résultats enregistrés par le parti sont mitigés pour ne pas dire négatifs. De son rang de première force politique à l’Assemblée Nationale, acquis en 2002 avec plus de 40 députés élus, le RPM chute en troisième position en obtenant seulement 11 députés en 2007.

Au RPM, tout le monde est bien conscient de la dégringolade du parti, même si les raisons évoquées pour justifier cette chute sont divergeantes. Quel est l’avis d’IBK, le président du parti sur la question ?

UN FOSSE ENTRE LES MILITANTS ET LES CADRES

Le samedi 8 septembre dernier à la Maison des Jeunes de Bamako, lorsque les militants du parti ont pris la parole à la faveur d’un atelier de réflexion sur l’élaboration du programme politique, économique et socio-culturel du parti, ils ont donné leurs avis par rapport à la chute du parti.

Le bon sens étant la chose la mieux partagée, le président IBK est bien placé pour donner tort ou raison à ses militants. En réponse aux militants, le président du RPM a laissé entendre qu’il est vrai que tout a été entamé et mis en oeuvre au sommet de l’Etat pour que son parti ne soit pas la première force politique du pays.

Mais, s’il faut trouver une cause à la chute du parti aux élections générales de 2007, les militants à la base ne seront pas cités. “La faute incombe aux cadres du parti. Ils savent de quoi je parle. Mais ce débat là sera mené dans un autre cadre différent de celui-ci”, a martelé le président du RPM. A quoi IBK veut-il faire allusion ?

LA FIN ET LES MOYENS

Selon plusieurs indiscrétions, le président du Rassemblement Pour le Mali (RPM), M. Ibrahim Boubacar Keïta, à travers cette déclaration, a orienté les gens vers le non financement des campagnes électorales de 2007, surtout celles des élections législatives. Au sein du Bureau Politique National du RPM, la problématique du financement des élections fut posée.

Il a été demandé aux cadres du parti de mettre la main à la poche, l’argent étant le nerf de la guerre, il est difficile sinon impossible d’avoir de bons résultats sans mettre les moyens qu’il faut. Aucun cadre n’aurait versé un franc dans la caisse. Puisqu’à l’élection du président de la République, le parti n’avait qu’un seul candidat en la personne d’IBK, le financement des activités de la campagne présidentielle fut laissé au seul candidat.

Nous avons appris que le président n’aurait pas lésiné sur les moyens. Malgré l’étendue du territoire, plus d’un million de Km2, huit régions administratives, 49 cercles, il a sillonné tout le pays de long en large. C’est pourquoi les résultats de l’élection du président de la République, scrutin du 29 avril 2007 n’ont pas été une déception pour le RPM même si l’aspiration légitime était de voir son candidat se hisser à la magistrature suprême du pays.

Sur les huit candidats qui ont pris part au scrutin, le candidat du RPM est arrivé en deuxième position. Dans le District de Bamako, sur les six communes, IBK fut battu partout sauf en Commune IV considérée comme son fief électoral. Il faut rappeler qu’en 2002 déjà, il fut élu député dans cette commune dès le 1er tour des législatives avec plus de 52% des voix.

AUTRE ELECTION, AUTRE REALITE

Après l’élection du président de la République, les partis politiques devaient faire face immédiatement aux élections législatives dont les deux tours ont lieu respectivement le 1er et le 22 juillet 2007. Le RPM qui était la première force politique à l’Assemblée Nationale a voulu confirmer son score de 2002. C’est ainsi qu’il a présenté des candidats soit en alliance avec d’autres partis politiques, soit sur ses propres listes.

Au 1er tour, il était présent dans 53 sur les 55 circonscriptions électorales du pays. Au second tour, le RPM n’était présent que dans 17 circosncriptions. A l’arrivée, il a obtenu 11 députés. Qu’est-ce qui peut bien justifier cette dégringolade du RPM ? Il semble que, selon nos sources, c’est le manque d’argent qui a fait que le parti n’a pas eu le maximum de députés.

Tous ceux ou celles qui se sont présentés à la députation sous les couleurs du RPM comptaient sur l’argent d’IBK pour battre campagne. Puisqu’aucun d’eux n’a contribué financièrement à la campagne pour l’élection du président de la République, le président du parti, en retour, aurait refusé de financer les campagnes pour l’élection des députés de son parti à l’Assemblée Nationale.

Voilà, selon nos sources, les raisons profondes de la chute du RPM lors des législatives de juillet 2007. A part IBK lui-même, aucun député sortant du RPM n’a été réélu.

Le parti aura-t-il le courage de se remettre en cause après les élections générales de 2007 ?

Daba Balla KEITA

13 septembre 2007.