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C’est au cours d’une rencontre que la présidente du groupe pivot droit et citoyenneté des femmes, Nana Sissako a fait le point du projet de renforcement du leadership féminin pour l’amélioration de la participation et de la représentions politique des femmes au Mali. Ce projet, financé par l’ONU/femme et mis en œuvre par le GP/DCF, a permis l’accompagnement de 30 femmes candidates. Ainsi, parmi ces 30 candidates, une a été déjà élue députée et 16 sont au deuxième tour prévu ce dimanche 15 décembre.

C’était le samedi dernier au siège de la plate-forme de veille des femmes dans l’enceinte du CNDIFE. On notait la présence des représentantes du Ministère de la promotion de la femme, de l’enfance et de la famille, ainsi que de la MINUSMA. A cette rencontre, les candidates bénéficiaires ont eu droit à la parole. Tour à tour, chacune a partagé ses vécus durant la campagne et le jour « J » du scrutin. Elles étaient démotivées, le fait que le 1er tour n’a pas marché pour 13 d’entre elles. Elles ont aussi déploré la stratégie adoptée par certains partis politiques. Car, le pouvoir de l’argent a fait ses preuves. Les femmes ont également proposé l’amélioration de la qualité des formations et leur implication à l’intérieur du pays. Car elles ont encore du chemin à faire.

«Certes, il est bon d’appuyer techniquement quelqu’un, mais ce n’est pas mal du tout de l’appuyer financièrement, car en matière de politique, l’argent, c’est le nerf de la guerre », ont-elle affirmé.
Pour Nana Sissako, ce cadre d’accompagnement des femmes candidates avait pour objectif de former les bénéficiaires sur différentes thématiques à savoir les stratégies de conquête du pouvoir, la mobilisation de ressources, la présentation d’un projet de société et les techniques de communication. Les 30 femmes ont aussi bénéficié, dira-t-elle, de formation sur la prise de la parole, l’élaboration d’un plan de campagne. Malgré ces efforts, a signalé Mme Traoré Nana, la situation semble être critique pour les femmes, elle a exprimé sa crainte de voir une assemblée sans femme. Car, selon elle, le constat est amer. Il émane, pense-t-elle, de la qualité des données et les informations recueillies sur le terrain, qui font état des alliances contre nature, au mépris de l’équité du genre, excluant la possibilité d’accroitre le nombre de femmes députées à assemblée nationale. Aux dires de la présidente du GP/DCF, ces faits expliquent non seulement la faible capacité de mobilisation des partis politiques, mais aussi la démotivation des femmes. L’occasion a été bonne pour Mme Traoré de demander au gouvernement du Mali et ses partenaires techniques et financiers, de soutenir à jamais les 16 femmes qui prendront part ce dimanche au 2ème tour des élections législatives.

En répondant à certaines préoccupations des femmes, Mme Nana Sissako dira que les 30 femmes ont été choisies dans la transparence. « C’est sur la base d’un critère bien défini qu’elles ont été désignées et nous avons tout mis en œuvre pour réaliser cette initiative ».

Elle a enfin suggéré aux femmes de se préparer pour ensuite se lancer dans une autre élection et de faire une autocritique. Cette rencontre a permis d’identifier les besoins et les insuffisances.

Mariétou Konaté

L’Annonceur du 11 Décembre 2013