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Gérer les affaires courantes de la FEMAFOOT ; réviser, si nécessaire les statuts de la FEMAFOOT et assurer leur conformité avec les statuts, une exigence de la FIFA ;réviser, si nécessaire, les statuts des ligues régionales et assurer leur conformité avec les statuts de la FEMAFOOT ainsi qu’avec les statuts de la FIFA ; identifier les délégués légitimes à l’assemblée générale de la FEMAFOOT ; organiser l’élection d’un nouveau comité exécutif de la FEMAFOOT ; un audit judiciaire des comptes de la FEMAFOOT sera mené à bien dès que possible, voilà autant de missions qui seront assignés au comité de normalisation qui sera installé cette semaine les 9 et 10 janvier 2018.

Tout est parti juste après l’élection de Boubacar Baba Diarra à la présidence de la fédération malienne de football le 8 octobre 2013 à Mopti lorsque ce dernier a décidé de former un comité exécutif consensuel en violation flagrante de l’article 49.3 des statuts de la dite fédération. Une manière pour le fameux Inspecteur général de police de récompenser son allié du jour pour avoir contribué à sa victoire au second tour face à Feu Hammadoun Kolado Cissé. Joignant l’acte à la parole, Boubacar Baba Diarra forme un bureau consensuel le 20 octobre 2013 en coptant 9 personnes de la liste de Boukary Sidibé ‘’Kolon’’ qui devient premier vice-président. Du coup ce fut le début d’une incompréhension voire un malaise entre Baba Diarra et une franche importante de ses partisans devenus aujourd’hui ses pires adversaires. C’est ainsi qu’en Février 2014 comme cela ne suffisait, un des lieutenants du désormais ancien président de la fédération en la personne de Moussa Bah a été demis de ses fonctions de chargé de mission et de conseiller spécial. En avril 2014, un autre poids lourd en la personne de Yéli Sissoko et non moins président de la commission des finances de la fédération est suspendu sans être entendu lors d’une réunion du comité exécutif en violation flagrante de l’article 53.3 des statuts de la fédération. Non content de ces violations flagrantes à répétition, le président de la commission juridique, Me Bassalifou Sylla claque la porte du comité exécutif avec fracas et démissionne de son poste. Du coup les proches de ces trois poids lourds membres du comité exécutif et qui ont contribué à la candidature et à la victoire de celui qui s’avérera être un ‘’djihadiste ‘’ du football malien à savoir Salaha Baby, Abeta Ag Seydou (tous deux présidents des ligues de Tombouctou et Kidal) et Amadou Touré président d’alors de la ligue de Gao n’avaient d’autre choix que de surseoir leurs participation aux réunions de la fédération. Du coup le clash est consommé entre Boubacar Baba Diarra et une franche importante de ses compagnons de 2013 à savoir les trois ligues du Nord et le Djoliba AC. C’est dans ce contexte de tension, de méfiance, de suspicions et de complot permanent que les clubs de première division avaient exigé 30 millions de francs CFA à défaut 25 millions de la part du comité exécutif lors d’une rencontre entre tous les présidents des dits clubs et le président de la fédération d’alors le 20 novembre 2014.

Début d’une crise déchirante et aigue dans les annales du football malien
C’est là qu’une grande majorité des responsables des clubs et des ligues ont compris que le président Baba Diarra n’est pas venu pour servir le football mais se servir des fonds générés. En effet au cours de cette réunion, le président du comité exécutif les avait informés que la fédération avait effectué un découvert dans une banque de la place à hauteur de 300 millions de francs CFA pour faire face aux prétendues dépenses à l’insu des acteurs directes et cela en une année, un mois et douze jours. Pourtant au cours de cette période l’homme noir avait bénéficié de la première tranche du fond de la FIFA en septembre 2014 ; plus de 88 millions de francs CFA issus des ristournes du CHAN 2014 ; plus d’un milliard issu du contrat Orange-Mali sans oublier les cachets des matches amicaux des Aigles contre la Corée du Sud, la Chine, la Croatie, le Burkina Faso, le Sénégal etc. Pour en savoir plus Gaoussou dit M’Pah Sylla, président du CS Duguwolofila suivi des ligues de Ségou et de Bamako n’avaient d’autre choix que de saisir l’assemblée générale ordinaire qui se profilait à l’horizon. C’était mal connaitre l’ancien chef de cabinet de Feu Kafougouna Koné qui utilisa la manière forte en suspendant le président des 7 villages. C’est dans ce contexte de haute tension que s’est tenue l’assemblée générale ordinaire le 10 janvier 2015 censée ramener l’accalmie. Mais hélas elle s’est achevée en queue de poisson et qui a vu l’officialisation du divorce entre Baba Diarra et une franche importante de ces fidèles de 2013. De ce jour la crise n’a fait que s’amplifier avec le retrait de quatre clubs du championnat national suivi de l’annonce de leur descente en division inférieure par l’ancien président de la commission des litiges fonciers du district de Bamako et son secrétaire général, de la montée illégale d’une équipe qui n’est pas championne de sa ligue. Face à l’enlisement de la crise la majorité des clubs et ligues demande l’organisation d’une assemblée générale extraordinaire pour sortir de l’impasse. Face au refus du président d’alors et conformément à l’article 37 des statuts, 30 membres sur 55 convoquent l’assemblée générale extraordinaire le 30 août 2015. Non content de cela, Baba Diarra décide de frapper un grand coup en organisant à son tour une contre- assemblée générale le 30 octobre 2015 où il décide de suspendre de 5, 10 et à vie les organisateurs de l’assemblée extraordinaire d’août 2015. Et ces derniers saisissent le Tribunal arbitral du sport(TAS). Après une année de procédure, ils obtiennent gain de cause le 4octobre 2016 qui annule toutes les décisions de suspension des différents responsables, toutes les décisions issues de l’assemblée générale du 30 octobre 2015 et exige la reprise du collège électoral du 10 janvier 2015. Malgré les multiples médiations menées et les propositions faites par le comité national olympique et sportif du Mali, de l’ancien président de la transition, des leaders religieux, de la société civile, de la CAFO, du président de l’assemblée nationale, du premier ministre, de l’appel du président de la république du Mali à trois reprises, la crise s’est davantage empirée. Pire tous les secteurs du football (districts, ligues, clubs, supporters, journalistes sportifs, vendeurs d’arachide et de boisson, parkers, responsables) furent totalement déchirés.

Les rêves brisés de Boubacar Baba Diarra et de Mamoutou Touré ‘’Bavieux’’
Malgré cette situation malsaine et invivable, Boubacar Baba Diarra se croyait de plus en plus fort et annonce sa candidature lors d’une visite à Kayes à quelques mois de la fin de son mandat. Mais c’était mal connaitre ses adversaires du 8 octobre 2013 devenus subitement ses compagnons le 20 octobre 2013. En effet ses derniers sous la houlette de Mamoutou Touré dit Bavieux décident de le lâcher à un mois de l’assemblée générale élective du 8 octobre 2017. Ne sachant à quel saint sportif se vouer, sans troupe ni arme, le fameux général de la police décide de capituler en annonçant qu’il n’est plus candidat à sa propre candidature. Mais en vrai flic il décide de créer des problèmes à Bavieux qu’il considère comme un traitre en l’installant hors délai soit le 9 octobre 2017 comme président du comité exécutif de la FEMAFOOT.
Et pendant deux mois et 11 jours, le candidat Bavieux Touré se croyait président du comité exécutif de la fédération à travers des déclarations fracassantes et arrogantes contre tous ceux qui voulaient s’opposer à lui. Ainsi pour se donner une légitimité introuvable comme membres du comité exécutif de la fédération malienne de football, Bavieux et ses agitateurs enragés utilisent des moyens illégaux comme la division, la médisance, les mensonges, les calomnies, la corruption, les manipulations, la haine inouïe, les pressions, les entêtements, les trafics d’influence, le racisme pour se faire entendre partout depuis le 09 octobre 2017 date de leur auto-proclamation. Tout cela comptant sur sa capacité financière et de ses soutiens à savoir le président de l’Assemblée nationale et de son questeur, le gueulard député-étrangleur élu à Yélimané, les ministres Abdoulaye Diop, Harouna dit Papou Touré, Amadou Koita, du vaniteux Abdoul Karim Konaté dit Empé, Mohamed Aly Bathily, du secrétaire général de la présidence et à un moment donné du Premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maiga. Comme cela ne suffisait pas Bavieux parvient à faire intervenir les familles fondatrices de Bamako et l’Imam de la grande mosquée de Bamako en la personne de Kokè Kalé auprès du président de la république en sa faveur. Se croyant intouchable dans le pays, Celui qui a trahi Baba Diarra à la dernière minute pousse l’outrecuidance jusqu’à aller défier l’Etat malien et la FIFA en s’appropriant des missions et prérogatives de président de la fédération malienne de football en occupant illégalement les locaux de la dite fédération, en utilisant ces fonds. Pire il organise des marches non autorisées pour demander la démission du ministre des sports. Mais celui qui s’est autoproclamé président d’un prétendu comité exécutif de la fédération malienne de football a oublié un détail à savoir l’existence du Tout Puissant Allah qui entend tout et qui voit tout d’ici bas et qui n’aime le mensonge et la trahison. Pour ceux qui ne le savent pas Mamoutou Touré était vice-président du bureau sortant et qui est censé soutenir le président sortant pour sa propre succession.

Enfin le dénouement
Ce qui devrait arriver, arriva et pour cause le mensonge a longtemps beau durer, la vérité finit par triompher en une fraction de seconde. Et c’est qui arrivé le 20 décembre 2017 avec l’annonce de la FIFA qui a décidé de la mise en place d’un comité de normalisation pour gérer le football national.  Ce comité aura pour mission de gérer les affaires courantes de la FEMAFOOT ; réviser, si nécessaire les statuts de la FEMAFOOT et assurer leur conformité avec les statuts, une exigence de la FIFA ;réviser, si nécessaire, les statuts des ligues régionales et assurer leur conformité avec les statuts de la FEMAFOOT ainsi qu’avec les statuts de la FIFA ; identifier les délégués légitimes à l’assemblée générale de la FEMAFOOT ; organiser l’élection d’un nouveau comité exécutif de la FEMAFOOT ; un audit judiciaire des comptes de la FEMAFOOT sera mené à bien dès que possible. Cette décision de l’instance suprême du football mondial tombe comme un couperet sur la tête de Mamoutou Touré et du coup lui renvoie à ses études primaires et son prétendu bureau dans les poubelles. Mis devant les faits accomplis, humilié, le natif de Bozola continue de s’attaquer honteusement au ministre des sports d’être à l’origine de ses malheurs alors qu’il fut le premier à offrir un trophée de meilleur ministre des sports du Mali depuis l’indépendance. Selon nos informations il aurait regagné son QG sis à l’ACI 2000 le 22 décembre dernier laissant derrière lui des ‘’orphelins’’ et compagnons qui ne savent plus à quel sens se diriger. En attendant le démarrage des activités du CONOR le 10 janvier 2018, Bavieux devra faire face à deux dilemmes à savoir sa reconstruction financière et face à l’annonce de l’audit judiciaire des comptes où il est comptant de la gestion depuis 2013 comme tant d’autres. A titre de rappel l’Audit judiciaire portera sur le montant des ristournes données par la CAF à savoir les deux CAN masculine Seniors de 2015 et 2017; les CAN Cadets 2015 et 2017 ; les CAN Juniors 2015 et 2017 ; la CAN féminine 2016 ; les deux CHAN 2014 et 2016 et sur les 1. 300.000 dollars offerts par la FIFA en quatre tranches.

Sadou Bocoum

La Mutation du 09 Janvier 2018