Partager

La mascotte est présentée lors d’une manifestation
populaire et le fanion est solennellement remis par le
ministre de la Culture au gouverneur de la région qui
accueille l’événement

Kayes abritera du 20 au 30 décembre à venir la Biennale artistique et culturelle version 2008. Cette grande manifestation culturelle nationale regroupera plus de 900 participants venant du district de Bamako et des régions de Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Kidal et Kayes.

La compétition prévoit les disciplines habituelles : orchestre, pièce de théâtre, ballet à thème, solo de chant, ensemble instrumental, choeur et exposition d’objets d’art.

Depuis l’édition de 2003 organisée à Bamako, une tradition s’est installée : la mascotte est présentée lors d’une manifestation populaire et le fanion est solennellement remis par le ministre de la Culture au gouverneur de la région qui accueille l’événement. Cette tradition vient d’être respectée et, à trois mois de l’événement et au terme d’une caravane organisée du 28 au 31 août par le ministère de la Culture, une cérémonie s’est déroulée le week-end dernier à Kayes.

La caravane était partie jeudi de Bamako, conduite par Mohamed El Moctar, le ministre de la Culture, et comprenant notamment une délégation de l’Association des ressortissants de la Région de Kayes. La mascotte de la Biennale que transportait la caravane a été d’abord reçue à Sébabougou, première commune à l’entrée de la région administrative, puis à Diéma par les autorités administratives et municipales et un public important qui manifestait sa joie d’accueillir la manifestation.

Le préfet de Diéma, Mamadou Thiam, a souhaité la bienvenue au ministre de la Culture et à la mascotte devenue, par sa notoriété, le symbole de la Biennale.

Quelques heures plus tard, la délégation était reçue à l’entrée de la ville de Kayes par le ministre de la Jeunesse et des Sports, Hamane Niang (lui-même originaire de Kayes), le gouverneur de la région, le colonel Mahamane Maïga, et une foule importante.

Les artistes kayésiens Siriman Sissoko, Oumou Sacko et Ami Tioune, ont animé le parcours d’un cortège qui a mis près d’une heure à parvenir au gourvernorat au rythme de chants khassonkés soulignant la tradition séculaire d’accueil et l’esprit d’ouverture des habitants de la 1ère Région. Les artistes ont assuré que la région va mériter la confiance placée en elle par les autorités nationales.

La remise solennelle du fanion de la Biennale s’est déroulée samedi au stade Abdoulaye Makoro Sissoko en lever de rideau de la finale de la « Super coupe ATT ». C’est dans une arène pleine comme un oeuf et en présence de plusieurs membres du gouvernement que la mascotte est apparue dessinée sur une grande bâche puis en trois dimensions sous la forme d’un personnage animé. L’escargot géant coiffé d’un turban et frappé des couleurs nationales a été accueilli par un tonnerre d’applaudissements.

A peine le public s’était-il remis de son émotion que le ministre Mohamed El Moctar recevait le fanion des mains du gouverneur de Ségou venu pour la circonstance et le transmettait à Mahamane Maïga, le gouverneur de Kayes.

Celui-ci a, du coup, annoncé le démarrage du compte à rebours vers le 20 décembre. L’administration, l’Assemblée régionale, la mairie et toute la population de la région accueille avec joie le fanion et la mascotte de la Biennale artistique et culturelle, a-t-il assuré.

L’ensemble des Kayésiens, a poursuivi Mahamane Maïga, sont conscients de l’impact socio-économique de cette grande manifestation sur la vie du pays et plus particulièrement sur la région qui l’accueille. Il a promis que Kayes ne ménagera aucun effort pour que cette édition de la Biennale entre dans les annales.

Le ministre Mohamed El Moctar a expliqué avoir en même temps que le fanion, transmis « un défi » au gouverneur. Le département fait confiance à la Région de Kayes, a-t-il assuré en précisant que si la responsabilité de l’organisation incombe aux autorités locales, celles-ci bénéficieront de l’appui technique et financier du ministère de la Culture.


Y. DOUMBIA

— –
Les infrastructures en chantier

De nombreux membres du gouvernement avaient rallié Kayes pour assister à la cérémonie de présentation de la mascotte et de remise du fanion de la Biennale artistique et culturelle : N’Diaye Ba (Artisanat et Tourisme), Ibrahima N’Diaye (Emploi et Formation professionnelle), Hamane Niang (Jeunesse et Sports), Sadio Gassama (Sécurité intérieure et Protection civile), Mme Gakou Salimata Fofana (Logement, Affaires foncières et Urbanisme), Mme Maïga Sina Damba (Promotion Femme, Enfant et Famille), Maharafa Traoré (Justice), Mme Fatoumata Guindo (Relations avec les Institutions).

Tous ont également assisté à la pose de la première pierre du piédestal sur lequel la mascotte sera installée en plein milieu du quartier du Khasso (Place du gouverneur) et à celle de la Galerie d’exposition dans l’enceinte du stade Abdoulaye Macoro Sissoko.

En plus de la mascotte principale haute de 6 mètres, deux répliques de dimensions plus modestes seront installées devant les salles de spectacle. Elles seront réalisées par Mamadou Koumaré, spécialiste du modelage (et député) et coûteront au total 9,6 millions Fcfa.

La Galerie d’exposition sera, elle, bâtie sur un espace de 364 mètres carrés. Le complexe sera constitué d’un bureau pour l’administration et de 4 salles d’exposition. Conçue par le cabinet d’architecture Idrissa Sissoko (CAR) dans une architecture soudanaise, cette galerie sera construite en deux mois par l’entreprise K. Travaux pour 40 millions Fcfa.

Pour les infrastructures d’accueil, l’état des lieux n’est guère rassurant à trois mois de l’ouverture de la grande manifestation. Deux salles de spectacle sont prévues pour les représentations des troupes. Seule celle implantée à Lafiabougou près de la direction régionale de la Douane, est achevée. Cette salle qui portera le nom de Massa Makan Diabaté remplace l’ancienne détruite par un incendie il y a quelques mois.

Pour atteindre le bâtiment, les journalistes ont été obligés d’abandonner le bus qui les transportait et de se frayer un chemin entre les arbustes sauvages, des tas de pierres et les eaux stagnantes. Le bâtiment flambant neuf se cache effectivement dans une petite forêt. Il a coûté près de 222 millions Fcfa. La salle dispose d’une capacité d’accueil de plus de 800 sièges déjà totalement installés.

Petite faiblesse qui saute à l’oeil : la scène est basse et peu spacieuse (5 mètres de profondeur au lieu des 7 réglementaires). Du coup, l’horizon des spectateurs installés sur les sièges du fond de salle risque d’être barré par les spectateurs de devant.

La seconde salle retenue par commission d’organisation est celle du Carrefour des jeunes qui offre 300 places. Une capacité jugée très insuffisante au regard de l’engouement des Kayésiens pour les spectacles.

Des spécialistes, comme Kardjigué Laïco Traoré, proposent de retenir le stade comme second lieu de spectacle pour respecter le caractère populaire de la manifestation. En plus, le stade serait plus apte à recevoir les installations de son et lumière.


Y. D.

Essor du

03 Septembre 2008