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Le Mali, à l’instar de la communauté internationale, célèbre demain la Campagne internationale pour l’eau et l’assainissement. En prélude à l’événement, le président du Comité national de pilotage, notre confrère Idrissa Camara, s’est prêté mardi au CICB aux questions des journalistes, qui voulaient en savoir plus sur la campagne.

D’entrée de jeu, le conférencier a indiqué que le secteur de l’eau et de l’assainissement connaît une crise à l’échelle mondiale. Les statistiques avancées donnent le vertige : 1 milliard de personnes n’ont pas encore accès en 2006 à l’eau potable, 2,6 milliards d’habitants des pays pauvres ne disposent pas d’installations sanitaires adéquates, 1,8 million d’enfants meurent chaque année, soient 5000 enfants par jour du fait d’une maladie liée au manque d’eau et d’assainissement…

Au Mali, selon les statistiques officielles, plus de 3 millions et 6 millions de personnes n’ont pas encore accès respectivement à l’eau potable et à des équipements sanitaires adéquats. Des dizaines de milliers de filles sont injustement privées d’éducation parce qu’elles s’adonnent quotidiennement aux corvées d’eau. C’est bien pour toutes ces raisons, dira M. Camara, que les partenaires du secteur (organisation de la société civile, ONG internationales et nationales, services techniques, bonnes volontés) ont décidé de conjuguer leurs efforts pour lancer une campagne internationale pour l’eau et l’assainissement qui couvrira la période 2007-2011. « Au cours de cette période, nous devons tout mettre en œuvre afin que les Objectifs du Millénaire pour le développement soient atteints », a-t-il souhaité.

L’objectif de la campagne, ajoutera-t-il, « est la mobilisation de fonds adéquats pour l’accès universel des populations aux services d’eau et d’assainissement et la gestion rationnelle des ressources en eau en vue d’atteindre l’objectif n°7 des OMD ».

Et au conférencier de poursuivre que même si des efforts considérables sont en train d’être faits « force est de constater que nos autorités nationales, en dépit de la volonté dont elles font montre, restent confrontées au problème récurrent de la mobilisation financière et de la gestion rationnelle des ressources existantes pour un accès universel de nos populations aux services d’eau et d’assainissement ».

Ce qui lui fera dire que l’atteinte de l’objectif n°7 des OMD n’engage pas seulement la responsabilité du gouvernement, mais interpelle également la conscience des acteurs du secteur.


Mohamed Daou

21 mars 07