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A l’issue d’un séjour qui l’a conduit, outre Bamako, à Koulikoro et à
Tombouctou, le Coordonnateur humanitaire régional pour le Sahel, Robert Piper, dit constater que «sur l’ensemble du territoire, des besoins
humanitaires urgents continuent de se faire sentir».

Au Mali «les besoins humanitaires restent importants». C’est un rappel
diplomatique de la part du coordonnateur humanitaire régional pour le
Sahel qui a bouclé, le 5 juin dernier, une visite de cinq jours au Mali.
Robert Piper, il s’agit de lui, s’inquiète d’un désintérêt de la
communauté internationale à l’égard des urgences sociales du pays. Cette semaine, John Ging, le directeur des opérations du Bureau de la
Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA) lui
emboitera le pas à l’occasion d’une visite de quatre jours qui lui le
conduira, outre Bamako, dans la région de Gao où il rencontrera les
personnes affectées par la crise.

Robert Piper a estimé que la crise chronique marquée par l’insécurité
alimentaire et un taux de malnutrition élevé «est aggravée par la
volatilité de la sécurité dans le nord et le centre du pays». Et à la
faveur de la visite de John Ging, les acteurs humanitaires discuteront
avec le gouvernement et les partenaires humanitaires d’une «réponse
conjointe aux défis en vigueur à travers le pays». Au Mali, 1,5 million
de personnes seraient affectées par une insécurité alimentaire sévère.
Quelque 496 000 enfants de moins de cinq ans sont menacés de
malnutrition aiguë tandis qu’un soutien pour la présente campagne
agricole s’avère indispensable pour 3 millions de personnes. À cela
s’ajoute des besoins importants en matière de protection, d’accès à
l’eau, à l’éducation et aux soins de santé à travers le pays.

Aussi, tout porte à croire que les violences de ces dernières semaines à
Kidal auront un impact dramatique sur la situation. Ces événements ont
«entraîné le déplacement d’environ 4 000 personnes dans les régions de Kidal et Gao», selon des organisations humanitaires qui ont établi un
rapport d’étape à l’issue de ces affrontements. Mais ces chiffres, dont
l’essentiel était connu depuis fin 2013, ne font plus rougir les
donateurs. D’où ce cri d’alerte de Piper : « Je suis particulièrement
inquiet du faible niveau de financement de l’appel de fonds humanitaire…

La communauté internationale doit rester mobilisée pour répondre à temps à l’ampleur des besoins vitaux», a-t-il dit. Avant d’ajouter :
«D’expérience, nous savons que les lacunes dans la réponse immédiate
engendrent des conséquences qui nécessiteront encore davantage de
ressources à moyen terme».

Pour l’exercice 2014, les acteurs humanitaires au Mali avait établi un
budget de 568 millions de dollars (environ 280 milliards de F Cfa), soit
l’appel de fonds le plus élevé des neuf pays de la région du Sahel
(Mali, Niger, Mauritanie, Tchad, Sénégal, Burkina Faso, Gambie, Libye,
Soudan). Au cinquième mois de l’année, ces fonds n’ont été mobilisés
qu’à hauteur de 20 %. Ce n’est point une surprise : les besoins
humanitaires au Mali en 2013 n’avaient été financés qu’à hauteur de 50 %.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE

Le 9 Juin 2014