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Nouvel Horizon : M. le Secrétaire général, est-ce que votre association a entrepris des solutions pour juguler la crise ivoirienne ?

Ben Kayala : J’aimerais présenter d’abord le RJPA. C’est une association apolitique panafricaine dont le but essentiel est de promouvoir l’entente et la solidarité en Afrique, de soutenir les gouvernements africains pour la paix. Nous sommes des jeunes de divers pays africains dont la Côte d’Ivoire, le Tchad, le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Mali, le Burkina Faso… Ensuite, je dirai que nous avons approché les pouvoirs publics.
Le 30 septembre 2005 à Bamako, nous avons organisé une conférence de lancement de la caravane de la paix. De là, nous avons lancé un appel au président en exercice des Chefs d’Etat de la CEDEAO M. Mamadou Tandja, au Secrétaire général de l’ONU M. Kofi Anan, au président ivoirien M. Laurent Gbagbo. Nous avons envoyé cette déclaration à tous les Chefs d’Etat afin qu’on place la Côte d’Ivoire sous tutelle onusienne. Même le président de la Commission de l’Union Africaine A.OK a reçu une copie de la déclaration. C’était pour une sortie de la crise qu’on a proposé cette solution.

Nouvel Horizon : Pensez-vous qu’à travers le sport comme facteur d’intégration qu’on puisse rapprocher les différents protagonistes de la crise ?

Ben Kayala : Le sport étant le fair-play, nous pensons que c’est un facteur qui peut unir le peuple, permettant aux citoyens de se retrouver pour s’amuser. En tant qu’Africain, je suis satisfait que la CAN se déroule jusqu’ici sans incident, la Côte d’Ivoire étant qualifiée pour la finale. Je pense qu’une victoire des Eléphants peut engendrer l’espoir. Depuis sa qualification au Mondial, nous avons vu que la patrie ivoirienne s’entend. La classe politique peut saisir cette occasion pour régler rapidement la crise en tirant les leçons de Marcousis, Accra , Johannesbourg. Il est grand temps qu’on sorte de cette impasse.
L’équipe ivoirienne n’a pas de coloration ethnique, c’est qu’il s’agit de la défense de la patrie. Rien ne vaut la patrie. Les Ivoiriens sont fatigués de la crise. Les hommes politiques savent qu’on gagnerait mieux à s’entendre que de s’entredéchirer.
Le RJPA n’a pas de partie pri. Nous soutenons les actions du gouvernement pour la promotion de la paix sans laquelle il n’y a pas de développement, d’éducation, de prospérité.

Nouvel Horizon : Avez-vous un appel à lancer au pouvoir en place et à la communauté internationale ?

Ben Kayala : Je dirai que la Côte d’Ivoire a une histoire. Elle a été le pays phare de la sous-région ouest africaine. Et si elle l’a été depuis l’indépendance jusqu’au 19 septembre 2002, c’est que les pères de l’indépendance africaine l’ont voulu à savoir Feu Mamadou Konaté, Kwamé N’Krumah, Houphouët Boigny, Maurice Yaméogo et bien d’autres. En tant que jeune Africain, je demande à mes Pères ATT, Blaise, Mamadou Tandja, Abdoulaye Wade, John Kuffor de s’impliquer davantage comme ils l’ont toujours fait depuis le début de cette crise. Qu’ils ne laissent pas le temps à un groupuscule de détruire ce que leurs Pères de l’Indépendance ont construit. Les Pères de l’Indépendance ont joué leur rôle pour consolider la fraternité africaine. Et les héritiers de ces grands artisans doivent tout mettre en oeuvre pour aider le peuple ivoirien à sortir de cette crise.
Quant à la communauté internationale, qu’elle soit beaucoup plus ferme, il y va de sa crédibilité. Le RJPA apporta son soutien indéfectible à la communauté internationale, à l’Union africaine, à la CEDEAO, au GTI et au gouvernement de transition dirigé par Charles Konan Banny.
Nous serons toujours aux côtés du peuple ivoirien et du gouvernement de transition pour un règlement définitif de cette crise. Nous demandons aux jeunes de se mobiliser pour aider le Premier ministre à réussir sa mission. Je vous remercie.

Salifou BANGALI

08 février 2006.