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En Belgique, l’auteur de l’assassinat en mai 2006 de la baby-sitter malienne Oulematou Niangadou et de la fillette dont elle avait la charge, a été condamné par la Cour d’assises d’Anvers à la perpétuité.

La veille, le jury de la cour d’assises avait retenu comme circonstance aggravante, le caractère raciste du crime.

Il y a plus d’un an, Hans Van Themsche, 19 ans avait abattu à coups de fusil, la jeune malienne, âgée de 25 ans et la fillette dont elle avait la charge, la petite Luna Drowart, âgée de deux ans.
De surcroît, il avait grièvement blessé une jeune femme turque.

L’affaire survenue dans le contexte du climat xénophobe entretenu à Anvers par le parti d’extrême droite Vlaams Belang, avait alors suscité un émoi considérable dans tout le pays.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient manifesté à Anvers contre ce crime raciste.
Passé aux aveux, le jeune homme avait en effet confié que la haine des étrangers était le mobile de son acte.

Mercredi, malgré les tentatives des avocats de l’accusé de plaider son irresponsabilité, le jury a suivi la démonstration du psychiatre, selon qui, le crime raciste ne fait aucun doute, et prononcé un verdict de culpabilité.

«Il y a une justice dans votre pays !», s’est exclamé en réaction un membre de la famille d’ Oulematou Niangadou.
Une réaction qui traduit un certain soulagement.

En effet, mercredi, juste avant le verdict, Amadou Niangadou, parent de la victime avait exprimé la crainte que les jurés se montrent plus cléments envers l’accusé, un enfant du pays.

Jeudi, le jury a suivi l’avocat-général qui avait requis la réclusion à perpétuité contre le jeune homme, insistant sur le fait que le jeune âge de l’accusé ne constituait pas une circonstance atténuante.

Selon son avocat, la jeune femme turque qui a survécu à ses blessures, a exprimé son soulagement d’avoir obtenu justice.

Quant à l’accusé, il a déclaré accepter sa peine et vouloir tenter de la purger de manière digne.
Mais cette affaire ne pose pas uniquement le problème du racisme.

Elle a également soulevé celui de la manière, dont un jeune homme de 19 ans, animé d’intentions meurtrières, a pu se procurer sans coup férir en quelques minutes, l’arme du crime dans une armurerie.

Le Monde

15 octobre 2007.