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Au départ, le port des perruques (Chapeaux) était destiné aux femmes atteintes de la pelade ( Sorte de maladie qui fait tomber, par endroits, les poils et les cheveux). Aujourd’hui, avec la mode, une majeure partie des femmes portent les perruques pour autres fins : se rendre belle, se rendre  dans une soirée ou encore à cause de la paresse de se tresser. Elles sont locales ou étrangères, moins chères et chères et facilement utilisables. En vogue sur les marchés de Bamako, ce phénomène n’est pas du tout apprécié par les  promoteurs de salons de coiffure, qui voient leurs chiffres d’affaire baissés de jour en jour. 

La société évolue, les Hommes de l’état primitif basculent vers la modernité , ils cherchent toujours à innover, à créer une touche particulière afin d’ harmoniser leurs vies. De ce fait, dans la quête de cette vie luxueuse ou améliorée, certains comportements s’imposent à eux. L’habillement change et la coiffure se lance dans un nouvel élan : c’est la mode. 

Le port des perruques est devenu une mode, une mode bien appréciée par la nouvelle génération qui la vit de façon extravagante. C’est un secret de polichinelle que les filles ont un penchant pour les perruques. Il suffit de jeter un regard dans les salons de coiffure ou sur les lieux de la tresse pour conclure que le port des perruques a impacté beaucoup de business. Et elles ( les filles ) les portent pour diverses raisons. « J’ai une collection de perruques chez moi. Je porte chacune a un rendez-vous bien spécifique et l’ultime objectif est de me rendre belle aux yeux des prétendants »; dixit Annabelle, une friande des perruques.

Si certaines les portent pour une cause esthétique, d’autres prises par le filet de la paresse ou de peur de ressentir la douleur de se faire natter, préfèrent confier leurs sorts aux perruques. « Je ne peux vraiment plus perdre mon temps dans un salon de coiffure ou me faire mal en me tressant alors que les perruques existent partout dans les marchés à Bamako »; a martelé Assanatou Koita, une journaliste. 

D’un autre côté, une autre vague de filles portent les perruques juste pour se rendre aux invitations bien importantes et pour économiser . « Je porte les perruques juste quand je vais dans mes invitations. A part ça, je me rends dans les salons de coiffure. Un aspect aussi très bénéfique, avec les perruques, on dépense moins »; dixit Aboubakarine Maiga. 

A défaut de ne pas porter les vraies mèches pour prier, chose strictement interdite par la religion musulmane, Kady Cissé jette son dévolu sur les perruques. « Pour faire mes ablutions, il suffit de l’enlever » ; conclut-elle. 

Les perruques, un danger pour les salons de coiffure et la tresse …

Les boutiques spécialisées dans la vente des perruques se frottent bien les mains, car elles (perruques) sont achetées sans cesse, durant les fêtes, les sorties, et les rencontres. Un adage ne dit-il pas que « Le malheur des gens, fait le bonheur des autres » ? Si les vendeurs  des perruques se réjouissent de leur vente, les salons de coiffure perdent espoir. « Depuis que les filles ont pris le goût de porter les perruques, les salons de coiffure ne marchent plus assez bien. Vous pouvez même faire le constat, depuis le matin, elle (en indexant une fille assise sur une chaise ) est la troisième cliente. A cette allure, le salon est appelé à fermer, car nous n’allons plus pouvoir payer le loyer et l’électricité »; S’écœure Alima Tamboura, gérante du salon de coiffure Miss Beauté sis à Hamadallaye. 

La tresse subit aussi un coup très dur en cette période de la présence des perruques. Mimi Coiffure est une jeune fille de 26 ans. Connue par la qualité de sa tresse, elle était très courtisée par ses semblables jeunes filles à tout moment. Aujourd’hui, elle a vu sa popularité chutée. «  Je pouvais natter plusieurs filles par jour, car je peux faire toutes sortes de modèles. Je pouvais avoir au moins 25.000 f CFA par jour. Mais, aujourd’hui, même pour comptabiliser 10.000 fcfa, c’est un problème. Les filles aiment que la perruque »; déplore-t-elle. 

Assise dans son salon de coiffure en train de faire sa recette du jour, Mama Coiffure, promotrice dudit salon a un air très triste. Elle se confesse ainsi : « Par jour, je pouvais avoir 100.000 fcfa par jour. Un coup, ma recette est descendue à 45.000 fcfa. C’est triste »; avoue-t-elle.

Malgré qu’elles soient appréciées par la jeune génération, les perruques ont aussi leur côté négatif : la démangeaison durant leur port, ce qui déplorent ses clientes.

Adama SANOGO

@Afribone