Partager

Depuis quelques jours déjà, une campagne insidieuse et sournoise menée simultanément à la radio et à la télé tend à nous faire avaler la pilule amère de la gaffe commise par ATT à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la femme. C’est d’abord Ibrahim Djonkoloni Coulibaly, la voix de son maître, qui se livre à la radio à la lecture pénible de journaux soigneusement triés sur le volet et qui font la part belle à la bourde présidentielle. Puis c’est le tour des griots de s’offrir en spectacle à l’opinion en étalant leur mauvaise foi sur le petit écran.

Le but de cette campagne d’intoxication commanditée par les hommes du président est de justifier l’injustifiable, à savoir que l’expression « bé bi babolo », est d’un usage courant et qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Tout a été organisé pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes ou, en tout cas, atténuer son impact psychologique désastreux sur l’opinion.

Pour cela, les propagandistes du régime, fidèles à certaines méthodes dignes du règne de la terreur, n’ont pas hésité à nous administrer des cours magistraux en langue bamanan comme si aucun Malien ne connaissait un traître mot de cette langue. On a vu tour à tour défiler les dignes continuateurs des alchimistes du Moyen âge qui voulaient transformer le métal en or en obtenant la pierre philosophale et des adeptes de l’école des sophistes pour qui tous les raisonnements sont bons pour transformer le mensonge en vérité.

Cette exhibition a eu comme conséquence d’aboutir au contraire de l’effet recherché. En effet, au lieu d’amortir le choc de la déclaration présidentielle sur l’opinion, les propos incongrus de ces apprentis sorciers ont davantage ravivé l’indignation du citoyen lambda et créé chez lui le sentiment que le pouvoir se moque de sa gueule. Pour lui, ATT et ses hommes de paille ont raté une des rares occasions de se taire et cela crée un scandale dans le scandale. Dans un coup parti, il ne faut pas se mettre à raconter du bla bla bla. Il faut laisser le temps au temps (sagesse de François Mitterand).

L’intrusion des griots supposés être les maîtres de la parole a jeté de l’huile sur le feu. Un adage bien de chez nous dit que le « djéli » n’a pas honte mais que son front ruisselle de sueur. Parole ancienne vidée de toute sa substance à cause de la cupidité légendaire de ceux qui flattent bassement l’orgueil des gens sans même les connaître ni d’Adam ni d’Eve. Seule exception à la règle et de taille, Bazoumana Sissoko « le vieux lion » avait déclaré de son vivant qu’il ne chantera le « fassa » que d’un seul prince. Toute sa vie durant il est resté fidèle au président Modibo Kéïta en chantant la grandeur du Mali.

Après lui, c’est le chaos. Tous les autres font un lavage de cerveau en entendant le cliquetis du métal lourd.

MLD

25 mars 2008.